Gouverner sans trahir : Diomaye et le défi de la fidélité politique

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Gouverner sans trahir : Diomaye et le défi de la fidélité politique

Introduction : La transhumance, un défi structurel et moral

Depuis l’avènement du multipartisme au Sénégal, la transhumance politique s’est imposée comme une constante de la vie publique. Ce phénomène — qui consiste à changer d’allégeance pour rester proche du pouvoir — menace aujourd’hui la cohérence et la crédibilité du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le président a promis une rupture morale avec les pratiques anciennes, mais il se heurte à des dynamiques profondément enracinées dans le système politique sénégalais. Comme le souligne Jean-François Bayart :

« L’État postcolonial africain fonctionne souvent moins comme une institution au service du bien commun que comme un système patrimonial où le pouvoir et les ressources circulent selon des logiques clientélistes. »
— Bayart, 1989, p. 128

Ainsi, le défi de Diomaye est double : moral — tenir ses promesses — et structurel — reconstruire un État moins permissif aux revirements opportunistes.

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  1. La transhumance : un fléau reconnu et dénoncé

La presse sénégalaise qualifie la transhumance de « honte » et de « plaie pour le processus démocratique », car elle banalise le reniement des idéaux et transforme la politique en marché de positions plutôt que de convictions. (leral.net)

Les citoyens constatent un désalignement entre les promesses électorales et les comportements des élus. Fatou Sow note :

« La confiance politique se brise lorsque les citoyens constatent que les élites peuvent changer de camp sans changer de comportement. »
— Sow, 2012, p. 103


  1. Pourquoi les ralliements sont “rationnels” : le contexte structurel
  • L’attraction du pouvoir et des ressources

L’accès aux postes et aux privilèges dans l’État rend la transhumance souvent un choix pragmatique pour ceux qui veulent conserver ou augmenter leur influence. (leral.net)

  • Une classe politique fragmentée

La multiplication de partis et coalitions, souvent fondés sur des intérêts ponctuels plutôt que sur des programmes clairs, favorise les revirements opportunistes. (dakarmatin.com)

  • L’absence de sanctions efficaces

Les mécanismes de contrôle sont insuffisants, ce qui rend la transhumance quasi libre et récurrente. (kassataya.com)


  1. Le dilemme de Diomaye : accueillir, refuser ou filtrer ?

Le président fait face à un choix complexe :

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Accueillir les ralliés pour consolider sa base, mais au risque de trahir ses principes.

Refuser la transhumance pour préserver l’éthique, mais s’exposer à l’isolement politique.

Filtrer les allégeances en exigeant transparence et responsabilité — un pari risqué mais potentiellement honorable.

Comme le souligne Souleymane Bachir Diagne :

« La pureté morale demandée au politique est souvent incompatible avec les compromis nécessaires à l’exercice du pouvoir. »
— Diagne, 2021, p. 62


  1. Pistes de réforme et restauration de la confiance
  2. Transparence et redevabilité des institutions : publication des listes, motifs des nominations, rapports d’activités.
  3. Sanctions et cohérence idéologique : limiter le “switch” d’un parti à un autre pour les élus.
  4. Participation citoyenne active : responsabiliser le peuple et la société civile pour surveiller les élus.
  5. Valorisation du mérite et de l’engagement : privilégier la compétence plutôt que l’opportunisme.
  6. Réintégrer éthique et spiritualité : rappeler que le pouvoir est un service de la communauté, pas un moyen de profit personnel.

  1. Réflexions personnelles (voix d’Imam Babacar Diop)

« La transhumance politique est une blessure pour l’âme de la Nation ; elle trahit la confiance du peuple, bafoue la mémoire des martyrs de la démocratie, et nourrit le cynisme. »

« Plutôt qu’un mandat par opportunisme, qu’on survive mieux en étant fidèles à nos principes : c’est là le véritable service de l’État. »

La jeunesse sénégalaise, consciente et éduquée, peut devenir un levier de moralisation. Si elle refuse les opportunistes et exige des actes concrets, elle contraindra les gouvernants à tenir leurs engagements.

Un leader sincère qui persévère sur cette voie peut léguer à son peuple la dignité d’un État juste, durable, respectueux de ses engagements.


Conclusion : un pari difficile mais nécessaire

La transhumance politique n’est pas un détail : c’est une tare historique de la vie politique sénégalaise. La surmonter exige courage, réformes structurelles, éthique renouvelée et alliance sincère entre dirigeants et citoyens.

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Comme le rappelle Jean-François Bayart :

« La transformation politique durable exige de changer non seulement les hommes, mais les structures qui régissent leur comportement. »
— Bayart, 1989, p. 212

Pour Diomaye, le pari est risqué mais indispensable : gouverner sans trahir, et construire un Sénégal où la fidélité politique devient une norme et non une exception.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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