Guerre au Soudan : l’essor des drones de combat aggrave la tragédie des civils
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La guerre qui ravage le Soudan depuis près de trois ans connaît une nouvelle phase particulièrement inquiétante. Devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, le Haut-Commissaire Volker Türk a alerté sur une évolution du conflit opposant l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Selon lui, l’intensification des combats et l’apparition de nouvelles technologies militaires modifient profondément la nature des affrontements et accroissent les risques pour les populations civiles.
Longtemps concentré dans la région du Darfour, le conflit s’étend désormais vers le centre du pays. Le Kordofan est devenu une zone stratégique où les combats se multiplient. Cette extension territoriale s’accompagne d’un changement tactique majeur : l’usage croissant de drones armés sophistiqués par les deux camps. Cette militarisation technologique, signalée par les services onusiens et relayée par plusieurs médias internationaux, entraîne des conséquences dramatiques pour les non-combattants.
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Les chiffres avancés par les Nations unies illustrent l’ampleur des dégâts. Entre la fin janvier et le 6 février, les frappes de drones menées par les différentes forces ont causé la mort de plus de 90 civils et blessé plus de 140 personnes. Malgré la levée de certains sièges, notamment à Kadugli et Dilling, les attaques aériennes se poursuivent. L’Organisation mondiale de la santé a également confirmé que des établissements de santé du Kordofan du Sud ont été visés à plusieurs reprises, provoquant au moins 31 morts en une semaine.
Les drones ne frappent pas uniquement des positions militaires. Des convois de déplacés et des infrastructures essentielles sont également touchés. Le Syndicat des médecins soudanais a rapporté qu’une attaque visant un véhicule transportant des familles a fait au moins 24 morts, dont plusieurs enfants. D’autres frappes ont ciblé des installations stratégiques, comme le barrage de Merowe et sa centrale hydroélectrique, aggravant les pénuries d’eau et d’électricité pour la population.
Si le front se déplace vers le centre du pays, la situation reste tout aussi dramatique au Darfour. À El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, tombée aux mains des FSR après un long siège, des crimes graves ont été signalés. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a rappelé la responsabilité directe de certains groupes armés dans ces exactions et a mis en garde contre les conséquences de l’inaction internationale face à l’escalade du conflit.
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L’introduction massive de drones de combat marque ainsi un tournant dans la guerre soudanaise. Cette évolution technologique rend les frappes plus fréquentes, plus imprévisibles et plus meurtrières pour les civils. Face à cette situation, l’ONU appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale afin de limiter les pertes humaines et d’empêcher une aggravation de la catastrophe humanitaire.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













