Guinée : Une manifestation nocturne à Siguiri dégénère en drame et en tensions persistantes
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Une manifestation spontanée de jeunes, survenue dans la nuit du samedi 29 novembre 2025 dans la commune urbaine de Siguiri, a profondément perturbé la ville, entraînant un décès et plusieurs interpellations.
Des jeunes en colère face aux “poclaines” et à une arrestation
Selon les premières informations recueillies sur place, les protestataires ont érigé des barricades et incendié des pneus sur l’artère principale, paralysant la circulation et plusieurs activités pendant des heures.
Les manifestants dénonçaient notamment l’utilisation de machines “poclaines” dans une zone d’habitation, ainsi que l’arrestation d’un jeune leader local.
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Un habitant joint par téléphone a raconté :
« Nous sommes sortis la nuit pour dénoncer l’utilisation des machines poclaines et exiger la libération immédiate de notre collègue Thiam. Nous demandons aussi le départ du préfet. Puisqu’on ne nous écoute pas, dans les prochains jours, nous passerons à la vitesse supérieure », a-t-il confié sous anonymat.
La gendarmerie et la police sont rapidement intervenues pour disperser la foule, procédant à plusieurs arrestations.
Un drame en marge des heurts
Au cœur des tensions, un incident tragique est venu assombrir la situation. Un jeune homme a trouvé la mort après avoir été écrasé par la benne d’un camion.
D’après des témoins, la victime aurait été « déséquilibrée par les gaz lacrymogènes » avant de tomber sous le véhicule.
La nouvelle du décès s’est répandue comme une traînée de poudre, provoquant choc et indignation parmi la population.
Les autorités contestent tout lien avec la manifestation
Face aux rumeurs et à l’émoi suscité par ce drame, le président de la délégation spéciale de Siguiri, Souleymane Koita, a tenu à apporter des précisions :
« La mort dont on parle n’est pas liée à la manifestation, mais à un accident de circulation. C’est un camion qui a renversé un citoyen », a-t-il déclaré.
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Une version qui peine toutefois à convaincre une partie des habitants, toujours dans l’attente d’éclaircissements sur les circonstances exactes du décès.
Un retour au calme, mais une tension palpable
Ce dimanche matin, la ville a retrouvé son calme. La circulation est redevenue fluide et les activités ont repris.
Cependant, la frustration des jeunes demeure vive. Beaucoup dénoncent un manque d’écoute, une injustice persistante et des décisions prises sans consultation.
Un nouveau symptôme du malaise social dans les zones minières
Cet épisode vient s’ajouter à une série de tensions récurrentes dans plusieurs localités minières du pays.
Malgré les richesses du sous-sol guinéen, de nombreux jeunes estiment rester en marge des retombées économiques et réclament une participation plus équitable aux décisions locales.
imam chroniqueur
Babacar Diop













