Hélène Bernadette Ndong, la rigueur scientifique au service de la plume
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On ne reviendra pas sur la vieille querelle de « l’émotion nègre », tant il est évident qu’intelligence, finesse et élégance se conjuguent harmonieusement dans le parcours d’Hélène Bernadette Ndong. À seulement vingt ans, cette jeune auteure, déjà remarquée avec son premier roman L’Innocence de Tamara, s’impose comme l’une des voix montantes de la littérature sénégalaise.
Des racines ancrées dans l’eau et la mémoire
Née à Dakar le 23 novembre 2004, Hélène passe son enfance entre Mar Lodj, où les marées dictent le rythme des jours, et Toubacouta, village d’attache où sa mère enseigne encore. Ses premières années sont marquées par les récits de sa grand-mère et par une enfance bercée entre palétuviers et traditions.
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De la rigueur scientifique à la passion littéraire
Après un parcours scolaire brillant, couronné par le Lycée Scientifique d’Excellence de Diourbel, elle rejoint en 2022 l’École Polytechnique de Thiès pour se former au génie civil. Mais derrière les chiffres et les plans, une autre architecture s’élabore : celle des mots.
Le déclic vient au collège, lorsqu’elle découvre Abdoulaye Sadji et son roman Maïmouna. Suivront Mariama Bâ, Aminata Sow Fall et Marouba Fall, qui l’ouvrent aux réalités sociales africaines. Très tôt, Hélène se tourne aussi vers des horizons plus larges : Fred Uhlman, Anne Frank, Heinz G. Konsalik, mais surtout Fatou Diome et Mohamed Mbougar Sarr, figures tutélaires de sa génération. Albert Camus complète ce panthéon personnel, « parce que l’existence est absurde », confie-t-elle.
L’écriture comme acte de pardon et de dignité
C’est au lycée qu’Hélène commence à écrire, d’abord des poèmes puis des textes plus ambitieux. De cette fièvre est né L’Innocence de Tamara, roman qui explore la thématique du pardon. « Pardonner nous est souvent difficile. Écrire devient alors une manière d’affronter ce qui blesse et de tendre la main au possible », explique-t-elle. Femme consciente de sa condition, elle affirme aussi que sa plume se veut une arme pour la dignité et la reconnaissance : « Il s’agit de prévaloir un droit à l’existence et à la dignité. »
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Une génération en quête d’affirmation
Consciente de l’ombre immense laissée par ses devanciers, elle estime que sa génération d’écrivains doit construire une voix propre : « Une écriture nouvelle, promue et reconnue, est le défi présentement. » Mais elle avance avec humilité, convaincue que la littérature doit d’abord « avoir une utilité pour les lecteurs ».
Une pause pour mieux grandir
Aujourd’hui, Hélène choisit de ralentir le rythme, parlant d’« hibernation » : un temps de lecture, d’apprentissage et de maturation. Dans dix ans, espère-t-elle, sa plume sera « plus mûre, féconde et féconde ». Comme une graine mise en terre, son talent promet une floraison encore plus éclatante.
Ainsi se dessine le portrait d’une jeune ingénieure en devenir, mais déjà habitée par la certitude que l’écriture, tout comme le génie civil, est une autre forme d’architecture : celle qui bâtit des ponts entre les êtres et les mémoires.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













