Hommage royal à Yebou-Yebou : 35 ans après, le chef ADOUKONOU Ognandon immortalisé à travers la fontaine “Omi-àyɛ̀”
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Yebou-Yebou N’salé, 15 avril 2025 – « L’homme ne meurt vraiment que lorsque son nom cesse d’être prononcé. » Ce proverbe africain a pris tout son sens ce mardi 15 avril à Yebou-Yebou, alors que la communauté s’est rassemblée pour célébrer la mémoire de feu ADOUKONOU Ognandon, ancien chef du village, disparu il y a 35 ans.
À l’initiative de sa descendance, notamment de Dr Victor M. ADOUKONOU, fils du terroir et ingénieur en cybersécurité, une fontaine d’eau potable baptisée “Omi-àyɛ̀” (l’eau vive) a été inaugurée pour symboliser l’héritage de ce patriarche qui a marqué son époque par la rigueur, la justice et la solidarité.
L’acte inaugural a été accompli par l’honorable Alphonce Kodjo ADOUKONOU, fils aîné du défunt, entouré de ses frères et sœurs, des autorités traditionnelles, des jeunes du village et des notables venus d’Ofé, Kpéssi et Kpékpéta. La gestion technique de l’ouvrage a été confiée à M. Tchalla KASSEGNIN, un homme de confiance connu pour son engagement communautaire.
La veille, une grande veillée culturelle a réuni les populations autour des rythmes Agbadja, animée par des troupes venues du village frère Ofé. Des chants de mémoire, des récits d’anciens et des danses ont ravivé les souvenirs du chef Ognandon, réputé pour sa générosité et son sens du devoir.
Chef de Yebou-Yebou de 1960 à 1990, ADOUKONOU Ognandon était une figure respectée, militante du Parti Togolais du Progrès (PTP), et ardent défenseur de l’éducation et du développement local. Exilé à un moment crucial de l’histoire du pays, il n’a jamais cessé de plaider pour le progrès de sa communauté. Il initia la création de l’école primaire du village, avec le soutien de son cousin, COUASSI Joseph, alors préfet sous le régime du président Nicolas Grunitzky.

Dans ses enseignements, il inculquait des valeurs d’unité, de respect et de justice. Il disait souvent :
« Lorsqu’un étranger ou un esclave agit envers vous comme votre propre enfant, traitez-le comme tel. Il mérite les mêmes droits que votre progéniture. »
Par cet exemple de vision humaniste, le chef Ognandon reste une référence intemporelle.
“Omi-àyɛ̀”, cette fontaine, n’est pas qu’un point d’eau : c’est un acte de mémoire active, une offrande collective, un legs aux générations futures. Elle vient combler un besoin vital, tout en portant un message fort : honorer les ancêtres, c’est œuvrer pour le bien commun.
À la clôture des cérémonies, l’honorable Alphonce ADOUKONOU a lancé un vibrant appel aux communes d’Est-Mono 1, 2 et 3, pour renforcer la coopération entre les autorités locales et les initiatives citoyennes en matière d’eau potable, d’assainissement et de développement participatif.
En célébrant le chef ADOUKONOU Ognandon, c’est toute une communauté qui se reconnaît et se réconcilie avec son histoire. L’eau de “Omi-àyɛ̀” jaillit désormais comme un chant silencieux, un hymne au devoir de mémoire, à l’unité familiale et au progrès communautaire.
Innocent Dosseh













