Huit navires arraisonnés en 13 jours : l’innovation tactique déployée par le Sénégal et ses voisins

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Huit navires arraisonnés en 13 jours : l’innovation tactique déployée par le Sénégal et ses voisins

Du 9 au 22 février 2026, les eaux de l’Afrique de l’Ouest ont été le théâtre d’une opération maritime conjointe d’envergure. Baptisée « Espadon », cette initiative coordonnée par le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie et le Cap-Vert, sous l’égide de la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP), visait à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). L’objectif était clair : intercepter les navires en infraction et renforcer la sécurité et la durabilité des ressources halieutiques dans la région.

En l’espace de treize jours, cette offensive a permis l’arraisonnement de huit navires de pêche industrielle, un résultat inédit qui témoigne de l’efficacité de la nouvelle approche adoptée. Contrairement aux méthodes traditionnelles, consistant à effectuer des patrouilles aléatoires souvent inefficaces, les autorités maritimes ont opté pour le ciblage par satellite couplé à l’analyse de données. Cette stratégie, soutenue techniquement par l’Agence européenne de contrôle des pêches, permet de localiser les navires suspects depuis l’espace et d’envoyer les patrouilleurs directement sur les cibles. Selon Ibrahima Salif Sylla, coordonnateur du pôle suivi, contrôle et surveillance de la CSRP, cette technique a non seulement augmenté le taux d’interception, mais elle a également réduit considérablement les coûts en carburant pour les États participants.

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La répartition des arraisonnements illustre la coopération régionale : quatre navires ont été interceptés par la Mauritanie, deux par la Gambie, un par le Cap-Vert et un par le Sénégal, qui avait déployé pour l’occasion son patrouilleur hauturier de nouvelle génération, le « Walo ». Les inspections ont révélé diverses infractions : absence de licence, utilisation de filets à maillage interdit, dépassement des quotas et désactivation volontaire des signaux GPS. Les navires concernés naviguaient sous pavillons sénégalais, gambien, mauritanien, mais aussi espagnol.

Financièrement et techniquement, l’opération a été soutenue par l’Union européenne, via le projet Agir-INN, qui accompagne la CSRP dans le renforcement de la surveillance maritime. L’initiative s’inscrit dans une stratégie de transition visant à transformer ces actions ponctuelles en dispositif de surveillance permanent et autonome, géré directement par les États membres. Khallahi Brahim, responsable de la coordination régionale, a souligné l’importance de l’échange d’informations : la convention anti-INN adoptée en 2025 empêche désormais qu’un navire fraudeur repéré dans les eaux sénégalaises trouve refuge dans celles d’un pays voisin.

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Fort du succès de cette première opération, la CSRP prépare déjà une nouvelle mission dans la zone Sud, qui impliquera la Guinée-Bissau, la Guinée et la Sierra Leone. L’expérience montre que la combinaison de technologie moderne, coopération régionale et volonté politique peut constituer une réponse efficace à la pêche illégale, renforçant ainsi la protection des ressources maritimes et la souveraineté des États de l’Afrique de l’Ouest.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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