« Ils portaient mon nom, pas mon sang » : la déflagration intime d’un père trahi et aimant
Votre Pub ici !
Entre roman et témoignage, une œuvre qui bouscule le mythe de la filiation biologique

Peut-on aimer au-delà du sang ? Et jusqu’où l’amour paternel peut-il survivre à la trahison ? Ces questions, à la fois universelles et terriblement personnelles, forment la trame de « Ils portaient mon nom, pas mon sang », le nouveau roman de Frédéric Herman Tossoukpè, inspiré d’une histoire vraie.
Un récit intime, situé à Lomé, au Togo, mais dont la portée déborde les frontières. Celle d’un homme, Kossi Amewuga, agent des douanes, dont la vie familiale s’écroule lorsqu’il découvre que deux des trois enfants qu’il a élevés pendant quinze ans ne sont pas biologiquement les siens.
Rien, absolument rien ne laissait présager le drame. Kossi, marié à Akouélé, mène une vie rangée. Trois garçons, une maison, une stabilité sociale durement acquise. Un tableau presque trop parfait, jusqu’à ce qu’un événement anodin un besoin de compatibilité sanguine pour sauver le plus jeune fils vienne tout fissurer.
L’analyse ADN, brutale dans son verdict, révèle une double imposture : deux des enfants ne sont pas de lui. Et derrière cette réalité médicale, une autre vérité plus douloureuse encore : celle d’une épouse à la double vie méticuleusement dissimulée, pendant des années.
Frédéric Herman Tossoukpè ne s’embarrasse pas d’une construction fictionnelle classique. Tout dans le style, dans le rythme, dans la progression émotionnelle, trahit le témoignage vécu. Les noms sont romancés, mais le cœur du récit, lui, est d’une véracité poignante. On y retrouve la confusion des premiers jours, la fureur rentrée, la tentation de tout quitter, mais aussi et surtout une résistance presque absurde : celle de continuer à aimer.
L’auteur ne tombe jamais dans le sensationnalisme. Pas de règlements de compte spectaculaires, ni de procès public de la trahison conjugale. Ce qui intéresse Tossoukpè, c’est la complexité du lien paternel. Peut-on cesser d’aimer un enfant parce qu’il ne partage pas votre ADN ? Et le lien du sang est-il réellement le plus fort ?
Au-delà de l’histoire individuelle, « Ils portaient mon nom, pas mon sang » ouvre une réflexion sociétale. Dans de nombreux contextes africains mais la question vaut ailleurs la filiation demeure une clé centrale de l’identité sociale, patrimoniale, et même spirituelle. L’enfant est le prolongement du père, de son nom, de sa lignée. Or, ce roman vient secouer cette structure symbolique.
Il évoque aussi, en filigrane, la condition masculine dans les sociétés contemporaines. Le regard posé sur Kossi par son entourage, sa lutte contre l’humiliation sociale, le poids du silence qu’il s’impose pour préserver la dignité de ses enfants autant de dilemmes rarement exprimés avec autant de finesse.
Dans un monde de plus en plus polarisé entre vérités biologiques et réalités affectives, Frédéric Herman Tossoukpè offre un récit qui invite à suspendre le jugement. Loin de glorifier la résignation, il dessine les contours d’un pardon lucide. Ce n’est pas celui de l’oubli, mais de la reconstruction.
Kossi ne se présente pas en héros. Il est brisé, désorienté, mais il reste debout. « Ils portaient mon nom, pas mon sang », dit-il non comme une malédiction, mais comme une affirmation d’amour volontaire. Il n’a pas choisi d’être trompé, mais il choisit de rester père.
En s’appuyant sur une histoire réelle, ce roman nous oblige à reconsidérer les frontières de la paternité, entre le biologique et l’existentiel. Frédéric Herman Tossoukpè ne nous donne pas de réponse, mais il pose la bonne question : qu’est-ce qu’un père, sinon celui qui aime, élève, et reste, même quand tout chancelle ?
Dans un monde où la vérité est souvent brutale et les relations humaines fragiles, « Ils portaient mon nom, pas mon sang » est une œuvre de résistance douce celle d’un homme blessé, mais pas brisé.
📖 Frédéric Herman Tossoukpè, « Ils portaient mon nom, pas mon sang », 2025
✍️ À lire pour comprendre ce que l’amour paternel peut avoir de plus fort que la génétique.













