Iran : Téhéran durcit le ton face aux manifestations et dénonce une stratégie de déstabilisation étrangère
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L’Iran traverse une nouvelle phase de fortes tensions sociales. Pour la troisième semaine consécutive, des manifestations liées à la crise économique secouent plusieurs régions du pays, poussant les autorités à afficher une ligne de fermeté. Samedi, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, a mis en garde contre toute escalade violente, promettant une réponse sévère aux troubles qu’il qualifie d’« organisés et armés ».
Intervenant sur la chaîne publique Press TV, le haut responsable iranien a affirmé que les forces de sécurité, en coordination avec le pouvoir judiciaire, sont désormais pleinement mobilisées pour faire face aux violences. Il a toutefois tenu à distinguer les revendications sociales, qu’il juge légitimes, des actes de vandalisme et de sabotage observés ces derniers jours.
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« Quelqu’un confronté à des difficultés économiques ne s’attaque pas aux commerces ni aux institutions publiques », a-t-il déclaré, selon l’agence Anadolu. Pour Ali Larijani, les incendies criminels et les attaques ciblant des infrastructures sensibles relèvent d’une logique de déstabilisation, étrangère aux revendications populaires.
Accusations d’ingérences étrangères
Les autorités iraniennes pointent directement la responsabilité de puissances étrangères dans cette montée des violences. Ali Larijani a accusé les États-Unis et Israël de chercher à exploiter le mécontentement social afin de fragiliser le pays de l’intérieur. Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques accrues, alors que Washington a récemment affiché son soutien aux manifestants iraniens.
Dans le même temps, l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique affirme avoir mis au jour une stratégie visant à semer le chaos interne. Selon cette institution, les adversaires de l’Iran auraient abandonné la pression militaire directe au profit d’actions clandestines. Des armes de guerre, notamment des fusils d’assaut, auraient été saisies, renforçant l’hypothèse d’une planification coordonnée.
Un bilan humain préoccupant
Sur le terrain, la situation reste extrêmement tendue. Les médias locaux font état de l’arrestation d’une centaine de personnes dans la région de Baharestan pour usage d’armes. De leur côté, les organisations de défense des droits humains avancent des chiffres bien plus alarmants.
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L’agence Iran Human Rights Activists News Agency (HRANA) évoque au moins 65 morts et plus de 2 300 arrestations depuis le début du mouvement, fin décembre. Les violences, marquées par des attaques contre les forces de l’ordre et des incendies dans plusieurs quartiers de Téhéran, s’inscrivent dans un contexte économique difficile, aggravé par la forte dépréciation du rial iranien.
Alors que le bras de fer se durcit entre les autorités et les manifestants, l’avenir immédiat du pays semble suspendu à l’évolution de cette crise multiforme, où revendications sociales, sécurité intérieure et rivalités géopolitiques s’entremêlent dangereusement.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













