Israël trace une « ligne jaune » à Gaza et prolonge le service militaire : entre cessez-le-feu fragile et durcissement sécuritaire
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Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a ordonné à l’armée de mettre en place une « ligne jaune » de démarcation à l’intérieur de la bande de Gaza. Cette mesure, rendue publique sur le réseau social X, s’inscrit dans le cadre du récent accord de cessez-le-feu conclu avec le Hamas, mais soulève déjà des inquiétudes sur sa portée réelle et ses conséquences humanitaires.
Selon l’agence Anadolu, cette ligne aura pour but de séparer les zones encore occupées par l’armée israélienne de celles habitées par les Palestiniens. Elle concernera plus de 50 % du territoire de l’enclave, et sera matérialisée par des dispositifs de marquage permanent. Le ministre Katz a prévenu que toute violation de cette limite entraînerait une riposte immédiate par le feu, une déclaration qui ravive les craintes d’un retour rapide aux hostilités.
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Cette décision intervient alors que la mise en œuvre du cessez-le-feu reste fragile. Le Hamas a récemment exhorté les médiateurs — notamment l’Égypte et le Qatar — à veiller au respect des clauses de la trêve, notamment celles liées à l’aide humanitaire et à la reconstruction de Gaza, encore en ruine après des mois de bombardements intensifs.
Parallèlement, le gouvernement israélien a annoncé un allongement du service militaire obligatoire. Pour les hommes, il passerait de 32 à 36 mois, soit un retour à la durée appliquée avant 2015. Les femmes continueront de servir 24 mois. Selon la presse israélienne, cette mesure serait motivée par un besoin accru de personnel militaire après les récentes opérations dans la bande de Gaza et sur d’autres fronts régionaux.
Ce double mouvement — tracer une frontière interne tout en renforçant la mobilisation militaire — illustre la ligne de conduite d’Israël : chercher à contenir les hostilités sans pour autant relâcher la pression sécuritaire. Mais pour les observateurs, cette stratégie risque de compromettre les efforts de paix.
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Le politologue israélien Yossi Beilin estime dans Israel’s Endless Conflict (Cambridge University Press, 2021, p. 214) que « la sécurité ne peut pas être assurée par la délimitation, mais par la réconciliation ; or, plus Israël trace de lignes, plus il creuse les fossés ».
Du côté palestinien, le politologue Mustafa Barghouti rappelait déjà dans Voices from Gaza (Al Jazeera Books, 2023, p. 88) que « chaque nouvelle ligne tracée par Israël est une ligne effacée du droit international ».
Alors que la communauté internationale appelle à une paix durable, la situation sur le terrain montre que le cessez-le-feu n’est pas synonyme de paix, mais souvent une pause stratégique dans une guerre sans fin.
imam chroniqueur
Babacar Diop













