Italie : la tragédie silencieuse des travailleurs migrants, Mamadou en symbole
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Mamadou, 38 ans, ouvrier agricole originaire de Gambie, a été retrouvé sans vie dans sa voiture, devenue au fil du temps son unique lieu de refuge. Bien qu’en situation régulière et employé dans le secteur agricole, l’homme vivait dans le « grand ghetto » de Torretta Antonacci, dans la région de Foggia, au sud de l’Italie.
Selon les premières informations relayées par des sources locales et associatives, il serait mort de froid et de faim.Ce décès tragique met une nouvelle fois en lumière la précarité extrême dans laquelle survivent des milliers de travailleurs migrants, pourtant indispensables à l’économie agricole italienne.Des promesses financières restées sans effets
Le Plan national de redressement et de résilience (PNRR), financé par l’Union européenne, prévoyait près de 200 millions d’euros pour l’éradication des ghettos à travers le pays.
Dans la seule province de Foggia, 28 millions d’euros devaient être mobilisés pour transformer durablement ces zones de grande précarité.Mais sur le terrain, le constat est accablant : seuls 24,8 millions d’euros seront effectivement dépensés à l’échelle nationale, et aucun euro n’est parvenu aux ghettos de Torretta Antonacci ou de Borgo Mezzanone, parmi les plus emblématiques et les plus peuplés.
Aujourd’hui encore, plus de 2 000 personnes vivent dans ces campements informels. Les conditions de vie y sont particulièrement éprouvantes : baraques de fortune, habitations insalubres, absence d’accès régulier à l’eau, à l’électricité ou aux soins.
Pour les plus démunis, la voiture devient un abri de dernier recours.Les dangers sont permanents. En hiver, le froid est redoutable. Les chauffages improvisés exposent les habitants à des risques d’asphyxie ou d’incendies.
Chaque année, des drames similaires sont signalés, souvent dans l’indifférence générale.Invisibles jusqu’au drameTravailleurs de l’ombre, ces hommes et ces femmes participent activement à la récolte des fruits et légumes qui alimentent les marchés italiens et européens. Pourtant, ils demeurent largement exclus des dispositifs de protection sociale et de logement.
La mort de Mamadou rappelle cruellement que derrière les chiffres et les plans budgétaires se jouent des vies humaines. Elle pose, une fois de plus, la question de la responsabilité des autorités et de l’urgence d’actions concrètes pour garantir des conditions de vie dignes à ceux qui font vivre une partie essentielle de l’économie.













