Italie–Palestine : Giorgia Meloni s’oppose à la France et refuse une reconnaissance immédiate
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Par Imam chroniqueur
Babacar Diop
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a provoqué une vive polémique ce samedi en réaffirmant son refus de reconnaître un État palestinien dans l’immédiat, une décision qu’elle juge « contre-productive ». Dans une interview au journal La Repubblica, la cheffe du gouvernement italien a critiqué frontalement la position de la France, récemment engagée dans une reconnaissance officielle de la Palestine.
Une pique directe à Emmanuel Macron
Qualifiant la démarche française d’« impulsive », Meloni estime qu’une reconnaissance symbolique risque d’« entretenir l’illusion d’une résolution du conflit israélo-palestinien », alors que les causes profondes demeurent non traitées.
« Reconnaître sur le papier quelque chose qui n’existe pas, c’est faire croire que le problème est résolu alors qu’il ne l’est pas », a-t-elle déclaré.
Ce désaveu clair de Paris intervient alors que plusieurs États européens – dont l’Espagne, la Norvège et l’Irlande – ont récemment officialisé leur reconnaissance de l’État palestinien, accroissant la pression diplomatique sur Rome.
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Une position italienne en porte-à-faux
Meloni assure avoir partagé sa vision avec l’Autorité palestinienne, le président français Emmanuel Macron et le Parlement italien. Elle précise ne pas être opposée à l’idée d’un État palestinien, mais elle le conditionne à un « processus de construction réel », préférant une solution politique concrète à ce qu’elle considère comme des gestes symboliques.
Cette position met l’Italie dans une posture délicate vis-à-vis de ses partenaires européens et des organisations internationales qui appellent à une reconnaissance rapide et collective de la Palestine comme levier diplomatique de paix.
L’opposition italienne monte au créneau
Les propos de Meloni ont suscité de vives critiques de la part de l’opposition italienne. Angelo Bonelli, député du parti écologiste italien, a jugé les déclarations de la Première ministre « graves et inacceptables ».
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« Ce refus est une forme de soumission politique et morale à Netanyahu et à l’extrême droite israélienne », a-t-il lancé, appelant le gouvernement italien à reconnaître l’État palestinien sans délai.
Un contexte international tendu
Les déclarations de Giorgia Meloni interviennent dans un climat international de plus en plus tendu. Depuis l’offensive israélienne lancée le 7 octobre 2023 sur Gaza, plus de 59 600 Palestiniens – en majorité des femmes et des enfants – ont perdu la vie.
La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, les accusant de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Par ailleurs, Israël est visé par une procédure pour génocide devant la Cour internationale de Justice.
Une reconnaissance différée, mais jusqu’à quand ?
Face aux drames humains qui s’accumulent, la prudence italienne suscite l’incompréhension. Pour certains observateurs, la position de Meloni traduit davantage un calcul politique aligné sur les courants conservateurs européens qu’une stratégie diplomatique durable. Pour d’autres, elle témoigne d’un réel souci de ne pas instrumentaliser la reconnaissance d’un État au détriment d’un processus de paix concret.
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La question demeure : combien de temps l’Italie pourra-t-elle maintenir cette posture sans se trouver isolée sur la scène européenne ?
-imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com













