Keur Massar : Habib Niang en garde à vue dans une affaire d’escroquerie foncière à 60 millions FCFA
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La Brigade de Recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar a placé en garde à vue Habib Niang, sur instruction du procureur Saliou Dicko, pour des faits présumés d’escroquerie foncière, apprend‑on de sources judiciaires. Le responsable politique de Thiès est visé par une plainte déposée par un commerçant qui l’accuse d’avoir vendu un terrain situé sur la voie de dégagement nord (VDN), à Guédiawaye, pour 60 millions de francs CFA. L’acquéreur aurait découvert tardivement que les documents présentés étaient falsifiés ou juridiquement inexistants.
Face à cette situation, le commerçant a saisi la justice pour obtenir le remboursement intégral de ses fonds. Selon des informations en circulation, le suspect aurait exprimé sa volonté de restituer l’argent, mais le parquet a préféré poursuivre la procédure en raison de la gravité des faits allégués et de la répétition de schémas similaires déjà signalés dans d’autres dossiers fonciers.
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Le membre de Benno Bokk Yakaar, Habib Niang, sera présenté lundi prochain au procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine‑Guédiawaye, sauf changement de programme.
Un dossier qui s’inscrit dans un contexte national de dérives foncières
Cette affaire intervient dans un climat tendu autour des questions foncières urbaines et rurales au Sénégal, où les litiges liés à la propriété et à la vente de terrains sans titres valides se multiplient. L’importance croissante des valeurs foncières dans les zones métropolitaines comme Dakar, Guédiawaye ou Pikine a fait du marché immobilier un secteur à haut risque de fraudes, de conflits et d’escroqueries.
Depuis plusieurs années, l’État lui‑même est intervenu pour annuler des baux irrégulièrement attribués, notamment sur des terrains publics destinés à des infrastructures importantes, comme celui réservé pour la construction du tribunal de Guédiawaye. Cette situation avait conduit à la saisie de la Division des Investigations Criminelles (DIC) pour clarifier les responsabilités et identifier les pratiques frauduleuses.
D’autres affaires spectaculaires ont également mis en lumière la prolifération des escroqueries foncières impliquant des documents falsifiés ou des ventes de titres de propriété litigieux, à l’image de grandes parcelles vendues sans base légale à Sangalkam ou de scandales immobiliers touchant des personnalités et des acteurs économiques.
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Cette montée des litiges est alimentée par faiblesses structurelles du système foncier sénégalais : la législation en vigueur confère encore à l’État un rôle central dans l’immatriculation des titres, mais l’application reste inégale et l’inscription sur les registres fonciers demeure facultative dans beaucoup de zones, ce qui laisse des marges d’incertitude et de conflits.
Pressions sociales et enjeux économiques autour du foncier
La question foncière touche aujourd’hui bien plus que des affaires judiciaires isolées : elle pose des enjeux économiques, sociaux et politiques majeurs. L’urbanisation rapide de Dakar et de ses environs provoque une pression accrue sur les terrains disponibles, entraînant une hausse des prix et, dans de nombreux cas, des pratiques spéculatives. Cette dynamique bénéficie parfois à des réseaux influents, au détriment des populations locales et des petits acquéreurs.
Pour répondre à ces défis, les autorités ont entamé des réformes et mesures réglementaires, comme l’annulation de lotissements illégaux, la protection du domaine public et des efforts pour mieux sécuriser les transactions immobilières. Ces actions visent à restaurer la confiance des citoyens dans le système foncier et à réduire les conflits nés de ventes douteuses ou de doubles revendications.
Ce que cette affaire dit de l’état de la justice foncière
L’affaire Habib Niang soulève plusieurs questions : celle de la sécurité juridique des transactions immobilières, de la vigilance des acquéreurs, mais aussi de l’efficacité des institutions chargées de vérifier et d’enregistrer les titres fonciers. Dans de nombreux cas signalés par des acheteurs victimes d’arnaques, l’absence d’un titre foncier correctement immatriculé ou la circulation de faux documents sont au cœur des litiges, révélant des failles importantes dans le système.
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Dans un marché où la valeur des terrains augmente rapidement et où la demande dépasse largement l’offre, l’État sénégalais se trouve confronté à la nécessité de renforcer ses mécanismes de régulation, de transparence et de protection des droits fonciers, afin de prévenir de futures fraudes et de garantir une justice plus efficace pour les acquéreurs légitimes.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













