La charge mentale des femmes au Sénégal : un fardeau invisible mais bien réel

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La charge mentale des femmes au Sénégal : un fardeau invisible mais bien réel

Introduction

Au Sénégal, comme dans de nombreuses sociétés, les femmes sont les piliers du foyer. Elles jonglent entre responsabilités domestiques, éducation des enfants, activités professionnelles et sociales. À cela s’ajoute une pression mentale constante : penser à tout, tout le temps, pour tout le monde. C’est ce qu’on appelle la charge mentale. Invisible, silencieuse, mais lourde, cette charge est souvent minimisée, voire ignorée. Pourtant, elle a des effets dévastateurs sur le bien-être physique, psychologique et spirituel des femmes.

  1. Qu’est-ce que la charge mentale ?

La charge mentale désigne la gestion continue, souvent invisible, des tâches ménagères et familiales. C’est le fait de devoir planifier, anticiper, organiser et se rappeler de tout pour que la vie du foyer fonctionne harmonieusement. Au Sénégal, cette responsabilité est quasi exclusivement portée par les femmes, même lorsqu’elles travaillent à plein temps.

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L’écrivain français Jean-Paul Sartre disait :

« L’enfer, c’est les autres. »
Dans le cas des femmes, cet enfer vient souvent de l’attente constante des autres vis-à-vis d’elles.

  1. Une question de justice : que dit l’islam ?

L’islam reconnaît et valorise le rôle des femmes, tout en appelant à une répartition juste des responsabilités au sein du foyer. Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a été un exemple vivant d’équité domestique.

D’après Aïcha (RA) :

« Le Prophète aidait sa famille dans les tâches ménagères » (rapporté par Al-Bukhari).

Le Coran enseigne l’équité et la bienveillance :

« Et comportez-vous convenablement envers elles. » (Sourate An-Nisa, 4:19)

Le grand savant Ibn al-Qayyim al-Jawziyya souligne :

« La justice est la base des relations humaines. Il ne peut y avoir d’amour sans justice. »
Ainsi, imposer aux femmes une surcharge mentale sans partage n’est ni amour ni piété, mais injustice.

Le savant Ibn Taymiyya affirmait :

« Les femmes ne sont pas des servantes des hommes, mais leurs partenaires dans la vie. »

  1. Perspectives soufies et maraboutiques sénégalaises

Dans la tradition soufie sénégalaise, les femmes ont toujours eu un rôle spirituel et communautaire important. Des figures comme Sokhna Maïmouna Mbaye ou Sokhna Diarra Bousso, mère de Cheikh Ahmadou Bamba, ont été des exemples d’endurance, mais aussi de reconnaissance spirituelle.

Cheikh Ahmadou Bamba disait :

« Une maison ne peut être lumière que si la femme y est en paix. »
Cela implique donc de soulager la femme de ce qui l’oppresse mentalement.

Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh rappelait :

« Une femme qui élève un enfant et garde une maison accomplit un acte de djihad quotidien. »

Le soufisme insiste sur le dhikr, le rappel de Dieu, mais comment une femme peut-elle faire ce rappel si son esprit est encombré par mille soucis que personne ne partage ?

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  1. Une réalité contemporaine, validée par la science

Les études contemporaines démontrent que la charge mentale entraîne stress chronique, fatigue, dépression, et parfois burn-out. La psychiatre sénégalaise Dr Mame Diarra Bousso note :

« Beaucoup de femmes que je reçois ne se plaignent pas de leurs maris, mais de la solitude de leur pensée. Elles portent la famille dans leur tête. »

Les sociologues parlent d’inégalité structurelle : ce n’est pas un manque d’amour, mais un manque d’organisation juste.
Le psychologue français Christophe Dejours évoque :

« La souffrance invisible est la plus destructrice. »

  1. Une révolution douce : vers un rééquilibrage

Pour alléger cette charge mentale, il est impératif d’agir à tous les niveaux :

Dans les foyers, par une meilleure répartition des tâches.

Dans les discours religieux, en insistant sur la justice et l’entraide.

Dans les politiques publiques, avec des structures de soutien à la parentalité et au travail des femmes.

Le Prophète Muhammad (PSL) disait :

« Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers sa famille. » (Tirmidhi)

Conclusion : pour une paix intérieure et sociale

Soulager la charge mentale des femmes, ce n’est pas leur faire une faveur : c’est rétablir la justice. C’est appliquer le message du Coran, respecter la Sunna du Prophète, honorer l’héritage spirituel de nos marabouts, et entrer dans une société plus équilibrée et paisible.

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Comme disait le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne :

« On ne peut pas parler de développement tant que la moitié de la société est fatiguée en silence. »

-imam chroniqueur Babacar Diop

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