La Colère des Avortés
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Roman de Frédéric Herman Tossoukpè
Ceux qu’on n’a pas voulu voir, entendez-les enfin.
Il existe des colères que l’on n’entend jamais.
Des colères qui ne se traduisent ni par des cris, ni par des larmes.
Des colères qui naissent dans le silence le plus absolu.
Elles ne brûlent pas les rues, ne brisent pas les vitrines, ne soulèvent pas les foules.
Elles consument lentement, depuis l’intérieur, les racines mêmes de notre humanité.
La Colère des Avortés est de celles-là.
Ils n’ont jamais vu le jour.
Pas une bougie n’a été allumée pour eux.
Pas un prénom murmuré à leur oreille.
Pas une tombe fleurie pour rappeler qu’ils ont existé, ne serait-ce qu’un instant.
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Ils sont les enfants des absences.
Les fils et les filles de la peur.
De la honte.
De la pression.
De l’abandon.
Parfois du désespoir.
Ils n’ont pas connu la chaleur d’un berceau.
La douceur d’un regard.
Ni même la morsure de la vie.
Ils ont été interrompus.
Effacés.
Rayés.
Et pourtant… ils ne sont pas oubliés.
Car derrière chaque décision prise dans l’urgence, il y a un cœur qui bat quelque part.
Un cœur de chair.
Ou un cœur brisé.
Dans ce récit, il y a Aïcha, dix-sept ans, seule face à un monde qui préfère détourner les yeux.
Il y a Florence, la quarantaine, dont la mémoire est hantée par les silences d’hier.
Il y a un médecin, fatigué de porter les contradictions d’un système qui soigne les corps mais ignore parfois les âmes.
Et puis, il y a eux.
Les enfants non-nés.
Ils flottent dans les limbes de notre mémoire collective.
Ils crient sans bouche.
Ils appellent sans nom.
Ce livre n’est pas un réquisitoire.
Ce n’est pas un jugement.
Ce n’est pas une croisade.
C’est une voix.
Ou plutôt un chœur de voix oubliées, étouffées, ignorées.
Des voix qu’il est temps d’écouter.
Car il ne s’agit pas ici de chiffres.
Ni de statistiques.
Il s’agit de vies.
Des vies rêvées.
Des vies empêchées.
Des vies en devenir.
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Des vies qui, bien que jamais vécues, ont laissé une empreinte invisible — une colère sourde dans le ventre du monde.
Il ne s’agit pas d’imposer une vérité.
Il s’agit de poser des questions.
Pourquoi une jeune fille se retrouve-t-elle face à un choix impossible ?
Pourquoi certaines femmes, des années plus tard, pleurent encore une décision qu’elles ont cru être une libération ?
Pourquoi une société entière détourne-t-elle le regard, pendant que dans l’ombre d’autres se saignent à l’âme ?
Et surtout :
Que deviennent ces vies effacées ?
Que reste-t-il d’elles ?
La Colère des Avortés n’a pas pour ambition de condamner.
Mais de rappeler.
Que chaque vie, même esquissée, mérite qu’on lui tende une oreille.
Une main.
Une lumière.
Ce livre est un chemin.
Un chemin qui va de la douleur vers la paix.
Du déni vers la reconnaissance.
De la colère vers un espoir fragile, mais tenace.
Tournez ces pages comme on entre dans une chapelle sans toit.
Avec respect.
Avec ouverture.
Avec courage.
Car ceux qui n’ont jamais vécu ont pourtant tant à nous dire.
— Frédéric Herman Tossoukpè













