La colère : poison silencieux du corps et de l’âme

Votre Pub ici !

Partager cet article
La colère : poison silencieux du corps et de l’âme

(Une plongée spirituelle, biologique et psychologique dans l’enfer émotionnel)

Par Imam chroniqueur Babacar Diop

« Et ne te laisse pas dominer par la colère, car elle consume le mérite comme le feu consume le bois sec » – Hadith rapporté par Abu Dawud

  1. Le cerveau sous l’emprise du feu

Lorsque la colère surgit, ce n’est pas seulement une émotion… C’est un cataclysme.
L’amygdale cérébrale prend le contrôle, court-circuite le cortex préfrontal, et plonge l’être dans l’impulsivité.

« La colère est une flamme d’un feu allumé par Satan dans le cœur des enfants d’Adam. Celui qui s’enflamme voit son visage rougir, ses veines gonfler… » – Rapporté par Ahmad

Le neurobiologiste Joseph LeDoux décrit l’amygdale comme une « alarme émotionnelle » :

À lire aussi : CUSEMS en crise : 30 millions de francs CFA évaporés, le syndicat sous haute tension

« Elle capte le danger plus vite que la conscience ne le réalise. » (The Emotional Brain, 1996, p. 73).

Dans cet état, la raison se tait, l’instinct parle, et l’homme devient otage de ses neurohormones : adrénaline, cortisol, noradrénaline.

Le savant Ibn Taymiyya écrivait :

« La colère est un déséquilibre de la raison. C’est une faiblesse du cœur. Celui qui la domine possède la force véritable. » (Majmû’ al-Fatâwâ, vol. 10)

  1. Le cœur, organe martyr

Le cœur subit en silence les assauts de la colère.
Tachycardie, poussée hypertensive, artères qui se contractent.

« Et ne jette pas ton cœur dans l’excès. Car le cœur du croyant est le sanctuaire de Dieu. » – Cheikh El Hadji Malick Sy

Des études (Mostofsky et al., European Heart Journal, 2014) montrent qu’un accès de colère triple le risque d’infarctus dans les deux heures.

Le Dr John Mandrola, cardiologue, précise :

« La colère chronique est un facteur de risque cardiovasculaire sous-estimé. Elle est plus mortelle que l’on croit. »

Dans un hadith authentique (al-Bukhârî), un homme dit au Prophète ﷺ :

« Conseille-moi. »
Il lui répondit : « Ne te mets pas en colère. »
Et il répéta cela trois fois.

Le Prophète ﷺ, dans sa sagesse, a donné une prescription préventive aux maladies du cœur… bien avant la médecine moderne.

À lire aussi : Réussir en mathématiques : guide complet pour élèves motivés

  1. Un système immunitaire démantelé

La colère chronique est inflammatoire.
Elle favorise la libération continue de cytokines destructrices (IL-6, TNF-alpha), affaiblissant la défense naturelle du corps.

Le médecin et chercheur Gabor Maté écrit :

« Les émotions réprimées — notamment la colère — désorganisent le système immunitaire et nous rendent vulnérables aux maladies. »
(Quand le corps dit non, 2009, p. 213)

Et le Pr Steve Cole a prouvé que le stress chronique lié à la colère modifie l’ADN (PNAS, 2013), accélérant le vieillissement cellulaire.

Le Coran prévient :

« Ceux qui répriment leur colère et pardonnent aux gens – et Allah aime les bienfaisants. »
(Sourate Âl ‘Imrân, 3:134)

  1. La digestion intoxiquée par les émotions

Colère et digestion ne font pas bon ménage.

Le Dr Michel Lallement le décrit ainsi :

« La colère chronique dérègle le foie et l’intestin, cause des ballonnements, des ulcères, une inflammation silencieuse. »
(Les clés de l’alimentation santé, 2012, p. 128)

Le foie, pilier de la détox, devient paresseux, congestionné.
L’intestin grêle, surnommé “deuxième cerveau”, devient poreux → allergies, fatigue, mauvaise haleine, dépression…

Le Prophète ﷺ disait :

« La force ne réside pas dans celui qui terrasse l’autre par la lutte, mais dans celui qui se maîtrise au moment de la colère. »
(al-Bukhârî, Muslim)

Cette maîtrise, c’est aussi une protection du ventre, où siège une grande partie de notre immunité.

  1. Philosophes et sages contre la colère

Les sages de tous les temps ont dénoncé la colère :

Sénèque : « La colère est une folie brève. »
Bouddha : « Être en colère, c’est comme saisir un charbon ardent pour le jeter sur quelqu’un : c’est toi qui te brûles. »
Ibn al-Qayyim : « La colère est la porte ouverte au regret, à la parole malheureuse, à l’acte irréfléchi. Celui qui la referme sauve son âme. » (Rawdat al-Muhibbîn, p. 149)

Le sage Serigne Abdoulaye Niasse rappelait souvent :

« Une bouche enflammée par la colère brûle plus de cœurs qu’un feu de brousse. Le soufi est celui dont le cœur reste limpide, même dans la tempête. »

  1. Sortir de la prison intérieure : guérir la colère

Le Coran exhorte à l’apaisement :

À lire aussi : Boundou : Le Yéla, un patrimoine musical et culturel à préserver

« Repousse le mal par ce qui est meilleur. »
(Sourate Fussilat, 41:34)

Le Prophète ﷺ disait :

« Lorsque l’un de vous se met en colère, qu’il se taise. »
(rapporté par Ahmad)

Solutions validées par la science et la spiritualité :

Respiration profonde (4s/4s/6s) → calme immédiat.

Boire de l’eau froide → apaise l’amygdale.

S’isoler, marcher, bouger → évacuer l’adrénaline.

Prière et dhikr → rééquilibre intérieur.

Écrire, parler à un guide ou thérapeute.

Pardon : pour libérer ton cœur, pas pour approuver l’autre.

Le soufi Cheikh Ahmadou Bamba disait :

« Celui qui maîtrise sa colère devient maître de lui-même et des autres. Le jihad intérieur est plus noble que tout combat extérieur. »

🔚 Conclusion : Entre biologie et spiritualité

La colère est un feu. Elle peut réchauffer brièvement une injustice… ou consumer à petit feu un être entier.

Ton foie, ton cœur, ton intestin, ton système immunitaire… te parlent. Et si tu ne les écoutes pas, ils crieront par la maladie.

À lire aussi : Police nationale : changements à la tête de la DIC et de l’AIBD

« Ne te mets pas en colère. »
Ce n’est pas qu’un hadith. C’est une prescription universelle pour la santé du corps et de l’âme.

Imam chroniqueur Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci