La dot : Symbole ou fardeau ?

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La dot : Symbole ou fardeau ?

Le mariage, en islam comme dans de nombreuses traditions humaines, repose sur des piliers de respect, de dignité et de responsabilité. La dot (al-mahr), souvent perçue comme une simple condition matérielle, est en réalité un symbole spirituel et social. Mais lorsqu’elle est dévoyée, elle peut devenir un fardeau économique et psychologique.

  1. La dot dans le Coran : une institution spirituelle

Le Saint Coran érige la dot comme un droit de la femme, signe d’honneur et non de marchandisation :

« Et donnez aux épouses leur dot, de bonne grâce. » (Coran, 4:4).

Le choix des termes coraniques (nihla, don gracieux) souligne que la dot est avant tout une offrande symbolique et respectueuse. Ibn al-Qayyim commente dans Zâd al-Ma‘âd (5/178) :

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« Le mahr n’est pas le prix d’une femme, mais un signe de respect et de considération pour elle. »

  1. L’exemple prophétique : la simplicité comme bénédiction

Le Prophète ﷺ a toujours encouragé la simplicité :

« La meilleure des dots est celle qui est la plus simple. » (Rapporté par Ibn Hibbân, n° 4055).

Pour marier sa fille Fâtima à ‘Ali, il accepta une dot modeste, consistant en un bouclier et quelques affaires domestiques. Ibn Taymiyya, dans Majmû‘ al-Fatâwâ (32/194), rappelait :

« Plus la dot est facilitée, plus le mariage est béni et durable. »

  1. Le risque de l’excès : quand le symbole devient fardeau

Aristote écrivait dans Éthique à Nicomaque (Livre II, chap. 6) :

« L’excès est l’ennemi de la vertu. »

Appliqué à la dot, cela signifie que la surenchère détruit l’équilibre recherché. Ibn al-Jawzi, dans Talbîs Iblîs (p. 455), mettait déjà en garde contre la tentation de « transformer les unions en marchés où la valeur de l’épouse se mesure à l’or et à l’argent ».

Aujourd’hui encore, le professeur Abdoulaye-Bara Diop, dans La famille wolof (NEA, 1985, p. 219), constate :

« La dot a glissé de son rôle symbolique vers une logique marchande, retardant le mariage et fragilisant la cohésion familiale. »

  1. Les savants contemporains : un appel à la modération

Cheikh Yusuf al-Qaradawi, dans Al-Halâl wa al-Harâm fil-Islâm (p. 191), affirme :

« Faciliter la dot, c’est ouvrir la voie à la chasteté et à la stabilité sociale. La rendre difficile, c’est ouvrir la porte aux tentations et aux retards de mariage. »

Tariq Ramadan, dans Les musulmans dans la laïcité (1994, p. 207), ajoute :

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« La dot est une bénédiction quand elle reste simple. Elle devient une malédiction quand elle se transforme en condition sociale exorbitante. »


  1. Réflexion personnelle et position actuelle

En tant qu’imam et chroniqueur, je médite souvent sur ce paradoxe :

« La dot, quand elle est spirituelle et modeste, élève l’âme et bénit l’union. Mais lorsqu’elle devient une marchandise, elle abaisse la femme à l’objet de transaction. » (Imam chroniqueur Babacar Diop).

Et encore :

« L’échec de nombreux mariages modernes ne vient pas d’une dot trop modeste, mais de cœurs incapables de se donner sincèrement. » (Imam chroniqueur Babacar Diop).

Conclusion

La dot est un symbole sacré, un signe de respect, de dignité et d’engagement. Elle n’a jamais été voulue comme un fardeau économique. En islam comme en philosophie, la modération est la clé. Restaurer l’esprit coranique et prophétique de la dot, c’est rendre le mariage accessible, protéger la jeunesse et préserver la sacralité du foyer.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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