La mode sénégalaise s’engage : deux journées de création, de réflexion et de transmission à Dakar
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Les professionnels de la mode sénégalaise se mobilisent pour un événement national inédit alliant créativité, engagement social et transmission de savoirs. Réunis sous la bannière de l’Association des Acteurs de la Mode Associés du Sénégal (AMAS), stylistes, couturiers, modélistes et créateurs de tout le pays organiseront, les 27 et 28 juin prochains, une rencontre nationale au Centre culturel régional Blaise Senghor, à Dakar.

Placée sous le thème fort et symbolique « Exprimer l’inexprimable : la mode au service des sans-voix », cette initiative se veut un espace d’expression artistique mais aussi de prise de parole citoyenne. Elle réunira des représentants venus des 14 régions du Sénégal, dans le but de montrer comment la mode peut être bien plus qu’un simple vecteur esthétique : un outil de plaidoyer, de mémoire, et de transformation sociale.
L’art vestimentaire au service de l’engagement
Dans un contexte où certaines voix restent marginalisées dans les sphères de décision, les professionnels du secteur veulent faire de la mode une tribune pour ceux qui ne sont pas entendus. « À travers les tissus, les coupes, les couleurs et les formes, nous voulons raconter les histoires de ceux que l’on oublie. Nous voulons transmettre des messages forts et porteurs de sens », explique un membre du comité d’organisation.
Le programme de ces deux journées s’annonce riche et diversifié : défilés de mode, tables rondes, expositions, performances artistiques et espaces de dialogue intergénérationnel. Il s’agira non seulement de célébrer la diversité des créations locales, mais également de réfléchir collectivement aux enjeux économiques, culturels et sociaux auxquels le secteur est confronté.
Promouvoir les savoir-faire locaux et préparer la relève
Sous la présidence d’Ameth Diop, l’AMAS mise résolument sur la promotion du « consommer local ». Selon lui, il est devenu crucial de protéger les œuvres des créateurs sénégalais, d’encourager la valorisation des savoir-faire endogènes et d’assurer un avenir solide à la filière.
« Notre ambition est d’identifier, protéger et valoriser les œuvres de création afin que les auteurs puissent pleinement tirer profit de leur travail. Nous voulons également accompagner la jeune génération de stylistes et d’artisans pour garantir la pérennité du secteur », affirme-t-il.
Cette vision inclut des initiatives de formation, de mentorat, et de mise en réseau entre anciens et nouveaux acteurs de la mode. L’objectif est aussi de renforcer les capacités professionnelles et entrepreneuriales, dans une industrie qui, au-delà de son aspect artistique, constitue un levier important de développement économique.
Un hommage à l’engagement politique et institutionnel
Ameth Diop a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les autorités publiques, et tout particulièrement à la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Khady Diène Gaye. Il salue « un engagement constant et structurant en faveur de la reconnaissance des métiers de la mode et de l’artisanat ».
Depuis la nomination de la ministre, le secteur de la mode sénégalaise bénéficie d’un regain d’attention institutionnelle, avec notamment des efforts pour structurer les circuits de production, protéger la propriété intellectuelle, et favoriser l’accès aux marchés.
Une vision partagée pour l’avenir
L’événement des 27 et 28 juin s’annonce ainsi comme une étape clé dans la structuration de la mode sénégalaise comme secteur stratégique et porteur de sens. Il traduit une volonté claire : faire de la création vestimentaire un langage universel, capable de faire écho aux aspirations profondes d’un peuple, tout en créant de la valeur économique et symbolique.
Derrière les strass et les projecteurs, c’est une vision ambitieuse qui se dessine — celle d’une mode porteuse de mémoire, de dignité et de transformation.
Imam chroniqueur Babacar Diop













