La noble mission de l’enseignant : entre idéal et réalité
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Être enseignant, c’est endosser une mission qui dépasse largement la simple transmission de savoirs. C’est se situer, chaque jour, à la frontière ténue entre l’utopie éducative et la dure réalité des contraintes sociales.
L’utopie éducative : semer la lumière du savoir
Dans l’idéal, l’enseignant incarne le rôle de celui qui allume une flamme dans chaque esprit et éveille chaque cœur. Comme le dit le Coran :
« Allah élève en degrés ceux d’entre vous qui croient et ceux à qui le savoir a été donné » (Sourate al-Mujādila, 58:11).
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L’enseignement n’est donc pas qu’un métier, mais une responsabilité spirituelle et sociale. Le Prophète Muhammad ﷺ affirmait :
« Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne » (Rapporté par al-Bukhārī, 5027).
C’est cette vision qui pousse l’enseignant à rêver d’une salle de classe où le respect mutuel et l’amour du savoir s’imposent naturellement, et où chaque leçon participe à la construction d’une société plus juste et plus humaine.
La réalité : entre contraintes et défis
Pourtant, la réalité rappelle souvent les limites du métier : classes surchargées, programmes lourds, ressources insuffisantes, élèves marqués par des blessures sociales ou familiales. Comme le souligne le philosophe Michel Serres :
« L’enseignant est celui qui transmet un monde qu’il n’a pas fait à des enfants qui feront un monde qu’il ne connaîtra pas » (Petite Poucette, 2012, p. 15).
Ces mots traduisent bien la tension permanente de l’enseignant, pris entre ce qu’il voudrait offrir et ce que les conditions lui permettent réellement de réaliser.
L’espace de grandeur : persévérer malgré tout
C’est précisément dans cet espace entre rêve et contrainte que réside la grandeur de l’enseignement. Malgré les obstacles, l’enseignant continue d’y croire. Le pédagogue français Philippe Meirieu rappelle que :
« Éduquer, c’est espérer contre toute espérance » (Pédagogie : le devoir de résister, 2002, p. 47).
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Dans un sourire offert, une parole bienveillante, une explication supplémentaire, il y a parfois plus de force transformatrice que dans un long discours. Souvent, ces gestes simples, posés dans l’ombre, deviennent des repères de vie pour des générations entières.
L’enseignant : ni héros, ni exécutant
L’enseignant n’est pas un héros infaillible, encore moins un simple fonctionnaire. Il est ce passeur d’espérance qui plante des graines dont il ne verra peut-être jamais l’arbre. Comme le disait Platon :
« L’éducation n’est pas l’apprentissage de réponses toutes faites, mais l’allumage d’une flamme » (La République, Livre VII).
De même, le savant musulman Ibn al-Qayyim rappelait :
« Celui qui enseigne un bien est associé à la récompense de ceux qui l’appliquent, jusqu’au Jour de la Résurrection » (Miftāh Dār as-Sa‘āda, vol. 1, p. 163).
Parole de chroniqueur
En tant qu’imam chroniqueur, je ne peux que souligner cette noblesse :
« L’enseignant est un jardinier de l’âme. Il ne récolte pas toujours le fruit de son labeur, mais il prépare un terreau fertile pour l’avenir. Entre l’utopie et la réalité, il choisit chaque jour de continuer à semer. Et ce choix seul suffit à changer le monde » (Imam Babacar Diop).
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Conclusion
Entre idéal et réalité, la mission de l’enseignant garde toute sa noblesse. Elle ne consiste pas à tout réussir, mais à persévérer dans l’acte d’éduquer, avec la conviction profonde que chaque graine semée aujourd’hui portera ses fruits demain.
Car enseigner, c’est accepter de croire qu’au-delà des murs de la classe, c’est l’avenir même qui est façonné.
imam chroniqueur
Babacar Diop













