L’Assemblée nationale rejette la commission d’enquête de Laurent Wauquiez sur les liens entre islamisme et politique

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La Commission des lois de l’Assemblée nationale a opposé une fin de non-recevoir à la proposition de commission d’enquête initiée par Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains (LR). Cette initiative, qui visait à faire la lumière sur d’éventuelles connivences entre des responsables politiques et des réseaux islamistes radicaux, a été jugée irrecevable.

L’Assemblée nationale rejette la commission d’enquête de Laurent Wauquiez sur les liens entre islamisme et politique

La proposition émanait du droit de tirage parlementaire, un mécanisme permettant à chaque groupe de l’Assemblée de mettre en place, une fois par session ordinaire, une commission d’enquête sur le sujet de son choix. Portée par les députés LR, la démarche ciblait en particulier le groupe La France Insoumise (LFI), accusé par la droite d’entretenir une forme d’ambiguïté à l’égard de l’islam politique.

Dans une déclaration relayée début mai par le Journal du Dimanche, Laurent Wauquiez n’a pas mâché ses mots : « Il faut les sortir de l’arc républicain, les exclure du débat démocratique. » Pour lui, l’attitude de LFI face aux phénomènes de radicalisation constitue une ligne rouge idéologique.

Les réactions n’ont pas tardé. Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a dénoncé ce qu’il considère comme des « fantasmes » et des « attaques ridicules », qualifiant la démarche des Républicains de tentative de stigmatisation. L’agence Anadolu a rapporté sa vive opposition à ce qu’il perçoit comme un procès d’intention.

Le sort de la proposition a été scellé lors d’un vote en Commission des lois, à la suite d’une saisine de la Conférence des présidents. Le scrutin s’est soldé par une égalité parfaite : 23 voix pour, 23 contre. En l’absence de majorité, le texte a été rejeté. Cette issue inattendue est en grande partie due à la mobilisation des élus du Nouveau Front populaire (NFP), alliés de LFI, ainsi qu’à la faible présence des députés du Rassemblement National (RN), qui auraient pu faire basculer la décision.

Sur les réseaux sociaux, les réactions politiques ont fleuri. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, a tourné en dérision l’échec de la droite en ironisant : « Voilà ce qui arrive lorsque l’on confond l’Assemblée et le plateau de CNews. » Elle a également évoqué, non sans sarcasme, le recul de Laurent Wauquiez dans sa course interne à la présidence de LR.

Ce rejet illustre une nouvelle fois les tensions vives qui traversent l’hémicycle français autour des questions d’identité, de laïcité et de radicalisation. L’épisode reflète aussi les rapports de force mouvants entre les partis, dans une configuration parlementaire où aucune majorité nette ne permet d’imposer aisément des décisions sur des sujets aussi sensibles.

À mesure que la scène politique française se polarise, les initiatives liées à la sécurité, aux valeurs républicaines et à la lutte contre l’extrémisme suscitent des clivages profonds. Le débat, lui, est loin d’être clos.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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