« Le garçon et son âne » : quand la fiction éclaire la réalité sociale sénégalaise
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La littérature a parfois ce pouvoir unique : révéler, à travers une histoire simple, les blessures et les espérances d’une société. C’est ce que réussit Mamadou Lamine Sanokho dans son roman Le garçon et son âne (Texe Éditions, 2025), une œuvre qui plonge le lecteur dans le quotidien des laissés-pour-compte, entre débrouille, solidarité et quête de dignité.
Une fresque de la débrouille urbaine
Le roman raconte le combat de Marétou, une femme divorcée, et de son fils Amé, âgé de dix ans, qui tente de soutenir sa mère en collectant des ordures à l’aide d’un âne et d’une charrette. Au-delà du récit, c’est toute une réalité sociale qui surgit : celle des enfants contraints de travailler pour survivre.
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Comme le rappelle le sociologue sénégalais Abdou Salam Fall :
« La débrouille urbaine n’est pas seulement une question économique, elle est devenue une culture de survie qui traduit l’échec des politiques sociales face aux familles vulnérables » (Économie populaire et société au Sénégal, 2019, p. 167).
Dans le roman, chaque coup de pioche, chaque pas de l’âne résonne comme le symbole d’une lutte quotidienne contre la marginalisation.
Une parabole spirituelle et morale
L’imam chroniqueur Babacar Diop voit dans ce récit une dimension spirituelle forte :
« Cet enfant et son âne nous rappellent que la pauvreté n’efface pas la dignité. Le Prophète (PSL) disait : Le fort n’est pas celui qui terrasse son adversaire, mais celui qui sait maîtriser sa colère (hadith rapporté par al-Bukhârî). Ici, la force d’Amé réside dans sa patience et son courage. »
Et d’ajouter :
« L’âne, souvent méprisé, devient un compagnon fidèle dans cette lutte pour la survie. C’est une belle leçon : dans les choses les plus humbles, Dieu place parfois la plus grande sagesse. »
Littérature et conscience sociale
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À travers une écriture simple mais incisive, Sanokho met en lumière les contradictions d’une société sénégalaise tiraillée entre modernité et fractures sociales. Pour la chercheuse Fatou Sow, « la littérature africaine contemporaine devient un lieu de mémoire et de résistance, en donnant une visibilité à ceux que l’histoire officielle ignore » (Femmes, écriture et société en Afrique, 2020, p. 145).
Un cri du cœur pour la jeunesse
Plus qu’un roman, Le garçon et son âne est un appel à regarder autrement cette jeunesse qui peine à trouver sa place. L’imam Babacar Diop conclut avec force :
« Nous devons apprendre à voir dans ces enfants non pas des silhouettes poussiéreuses derrière une charrette, mais l’avenir même de notre pays. Celui qui néglige sa jeunesse prépare son propre effondrement. »
En somme, le livre de Mamadou Lamine Sanokho s’impose comme une chronique sociale, un miroir tendu à notre société et une invitation à l’action collective.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













