Le Ghana, nouveau pivot stratégique des États-Unis en Afrique de l’Ouest ?

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Le Ghana, nouveau pivot stratégique des États-Unis en Afrique de l’Ouest ?

Alors que l’influence occidentale vacille au Sahel, le Ghana s’impose comme un partenaire militaire central pour Washington. Entre démentis officiels de « bases militaires » et renforcement inédit de la coopération logistique, Accra joue un jeu d’équilibriste diplomatique au cœur d’une région en pleine mutation géopolitique.

Par la Rédaction de Dunia News
Publié le 30 décembre 2025

Depuis le retrait définitif des troupes américaines du Niger en septembre 2024, une question brûle les lèvres des analystes sécuritaires : où le Pentagone va-t-il redéployer ses capacités de surveillance et d’intervention en Afrique de l’Ouest ? Si la Côte d’Ivoire et le Bénin sont souvent cités, c’est le Ghana qui semble consolider son rôle de « hub » stratégique.

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Un partenariat sans « bases », mais avec accès

Officiellement, la ligne de défense d’Accra n’a pas varié : le pays n’abrite aucune base militaire étrangère. En 2018, le président Nana Akufo-Addo avait déjà douché les spéculations en affirmant qu’aucune souveraineté ne serait bradée.

Pourtant, la réalité opérationnelle est plus nuancée. Grâce à l’Accord sur le statut des forces (SOFA) de 2018, les États-Unis bénéficient d’un accès privilégié aux infrastructures ghanéennes. Le terminal de l’aéroport international Kotoka à Accra sert de point de transit majeur pour le réseau logistique ouest-africain (WALN). En 2025, cet appui s’est intensifié avec l’organisation de sommets de haut niveau, comme l’African Land Forces Summit tenu à Accra en avril dernier, consolidant le pays comme le centre névralgique de la doctrine de sécurité américaine dans le golfe de Guinée.

Le « bouclier côtier » face à la menace sahélienne

L’intérêt de Washington pour le Ghana ne relève pas seulement de la logistique, mais d’une stratégie de contention. Avec la poussée des groupes djihadistes vers le sud, le Ghana est devenu le verrou de la stabilité côtière.

  • Exercices militaires : Le Ghana a été l’un des piliers de l’exercice African Lion 2025, une manœuvre d’envergure impliquant des soins médicaux aux populations et des entraînements tactiques conjoints.
  • Surveillance maritime : La participation active d’Accra à l’exercice Grand African Nemo 2025 en novembre dernier montre que la coopération s’étend désormais au domaine naval pour contrer la piraterie et les trafics.

Un équilibre politique fragile

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Cette proximité avec le Pentagone ne va pas sans heurts. Une partie de la société civile ghanéenne et de l’opposition politique dénonce une « souveraineté à géométrie variable ». Pour beaucoup, la présence, même discrète, de militaires étrangers pourrait faire du Ghana une cible pour les groupes extrémistes opérant de l’autre côté de la frontière burkinabè.

De plus, l’émergence de nouveaux partenariats (Russie, Chine) dans les pays voisins du Sahel force le Ghana à une diplomatie de prudence. Accra veut l’aide sécuritaire américaine sans l’étiquette de « protectorat ».

Vers un nouveau modèle de présence ?

L’époque des grandes bases permanentes semble révolue. Les États-Unis privilégient désormais le modèle des « Cooperative Security Locations » (CSL) : des sites gérés par le pays hôte mais pré-équipés et prêts à être activés en cas de crise. Le Ghana est l’exemple type de cette stratégie « légère » mais efficace.

En 2026, le défi pour le futur gouvernement ghanéen sera de maintenir ce partenariat stratégique tout en préservant la paix sociale et l’unité de la CEDEAO, de plus en plus fracturée sur les questions de défense étrangère.

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