« Le Journal de l’Aveugle » : Quand l’obscurité devient lumière

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« Le Journal de l’Aveugle » : Quand l’obscurité devient lumière

Le Sénégal s’enrichit d’un ouvrage profondément humain et inspirant : Le Journal de l’Aveugle – Sur le chemin avec les ténèbres, signé par Moussa Boury Diouf. Dans ce récit poignant, l’auteur, devenu aveugle à la suite d’un accident, livre un témoignage singulier où la résilience et la quête de sens se transforment en leçons de vie.

Un parcours entre ténèbres et lumière

Moussa Boury Diouf, ancien professeur de français, a dû réinventer son existence après la perte de la vue. Loin de se laisser abattre, il a choisi de transformer son handicap en tremplin pour inspirer les autres. Sa plume, sincère et vibrante, retrace un chemin difficile mais porteur d’espérance.

« L’épreuve de la cécité m’a appris que voir n’est pas seulement une affaire d’yeux, mais d’esprit et de cœur », écrit-il.

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Le livre, préfacé par Assiata Cissé, conservatrice des bibliothèques à l’Université Iba Der Thiam de Thiès, se veut également un plaidoyer pour une meilleure inclusion des personnes vivant avec un handicap visuel.

Les voix des spécialistes

Plusieurs experts en sciences sociales et en éducation insistent sur l’importance de tels récits. Le sociologue français Pierre-Yves Baudot rappelle :

« L’expérience du handicap n’est pas seulement une affaire individuelle, mais une question de justice sociale et d’organisation collective » (Sociologie du handicap, Armand Colin, 2018, p. 112).

De son côté, l’écrivain et penseur malien Amadou Hampâté Bâ affirmait déjà :

« La vraie cécité est celle de l’âme, quand l’homme ne voit plus son prochain comme son frère » (Amkoullel, l’enfant peul, Actes Sud, 1991, p. 356).

Ces paroles résonnent avec la démarche de Moussa Boury Diouf, qui prône une alternative numérique inclusive pour les non-voyants, leur ouvrant ainsi la voie à une insertion sociale et professionnelle durable.

Une lecture spirituelle et philosophique

Pour ma part, en tant qu’Imam chroniqueur, je vois dans ce témoignage une leçon coranique vivante :

« Ce n’est pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines » (Coran, 22 :46).

Ainsi, la cécité physique n’est pas une fin, mais une invitation à cultiver une vision intérieure plus profonde. Comme je l’écris souvent dans mes chroniques :

« L’aveugle qui garde la lumière de la foi voit mieux que celui dont les yeux percent l’horizon mais dont le cœur demeure obscur. »

Un appel à la société

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Dans un contexte où les personnes en situation de handicap sont encore marginalisées, l’ouvrage de Moussa Boury Diouf apparaît comme un manifeste pour la dignité et l’équité. Le philosophe américain Martha Nussbaum, spécialiste des capacités humaines, souligne :

« Une société se juge à la manière dont elle traite ses membres les plus vulnérables » (Creating Capabilities, Harvard University Press, 2011, p. 25).

En ce sens, Le Journal de l’Aveugle dépasse le cadre d’un simple récit autobiographique : il interpelle nos consciences collectives et nous invite à bâtir un monde plus inclusif.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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