Le Mari, Premier Allié du Leadership Féminin : Vers un Nouveau Modèle de Couple Équilibré
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Par imam chroniqueur Babacar Diop
Et si la clé du succès féminin se trouvait dans la douceur active d’un mari compréhensif ? À l’heure où les femmes s’imposent dans les sphères professionnelles et sociales, le rôle du conjoint n’est plus simplement périphérique : il devient structurel. À Dakar comme dans d’autres régions du Sénégal, des hommes cultivent une masculinité bienveillante, contribuant activement à l’épanouissement de leur épouse. Ce phénomène, loin d’être marginal, dessine les contours d’un nouveau modèle conjugal, solidaire et équilibré.
« Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers sa femme. »
— Prophète Muhammad ﷺ, rapporté par At-Tirmidhî, Hadîth n°3895
Des compagnons de destin et non des concurrents
L’exemple de feue Maimouna Kane, première femme magistrate du Sénégal, en est l’illustration éclatante. Lors d’un entretien au Point E, elle confiait que son ascension sociale n’aurait été possible sans le soutien indéfectible de son époux. À travers lui, elle rendait hommage à tous les maris qui, sans chercher à dominer, contribuent au rayonnement de leur partenaire.
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Même son de cloche chez Mme Ndiaye (nom d’emprunt), aujourd’hui cadre dans une grande entreprise nationale, qui, mariée avant le baccalauréat, a vu son avenir redéfini par l’accompagnement de son mari. Contre les préjugés maternels, il a investi dans son développement personnel et professionnel, partageant les tâches domestiques et la libérant des carcans sociétaux.
Une vision moderne et spirituelle de la masculinité
L’érudit Ibn al-Qayyim écrivait dans Zâd al-Ma‘âd (vol. 4, p. 132) :
« Une relation vertueuse repose sur la justice, la tendresse, et l’équilibre entre les responsabilités. »
Cette harmonie est aussi suggérée dans le Coran :
« Elles sont un vêtement pour vous, et vous êtes un vêtement pour elles. »
— Sourate Al-Baqara, 2:187
Le professeur Khadim Mbacké, spécialiste sénégalais de la pensée islamique, estime que « l’islam va au-delà de la masculinité positive : il propose une symétrie spirituelle des responsabilités entre époux ». Dans cette optique, le mari ne doit pas simplement « autoriser » l’épanouissement de sa femme, mais l’encourager et s’y investir, en tant qu’acteur du foyer.
La parole des spécialistes contemporains
Selon le psychologue ivoirien Hyacinthe Bohoussou, « le conjoint est le premier palier de soutien psychosocial de l’individu » (Le Soleil, 26 juin 2025). Cette affirmation prend tout son sens dans un environnement professionnel où les femmes font encore face à des défis structurels.
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Le sociologue sénégalais Alioune Badara Sylla, dans Sociologie du couple moderne (Harmattan, 2021, p. 144), affirme :
« Le mari qui accompagne, et non celui qui dirige, est le modèle du XXIe siècle. Il n’annihile pas l’autorité, il la partage. »
De son côté, Mme Bousso, directrice territoriale à Sen Eau, raconte que son succès managérial repose aussi sur l’intelligence relationnelle de son mari : soutien émotionnel, compréhension, et valorisation mutuelle. Ce modèle renforce l’équilibre vie privée/vie professionnelle.
Une école des maris modèles : pour refonder les dynamiques conjugales
Inspirée d’expériences communautaires réussies au Niger, au Mali et au Sénégal, l’École des maris modèles propose un changement de paradigme. Il ne s’agit pas simplement de « former » des hommes à respecter leurs épouses, mais de les outiller à être co-bâtisseurs de leur leadership.
Dans un entretien accordé à Wal Fadjri (janvier 2023), le sociologue Mouhamadou Diouf affirmait :
« La réussite des femmes ne menace pas l’autorité masculine ; elle la civilise. »
Éthique islamique et sagesse soufie
Dans la tradition musulmane, plusieurs penseurs classiques se sont penchés sur le rôle du mari. Ibn Taymiyya, dans Majmû‘ al-Fatâwâ (vol. 32, p. 246), écrivait :
« La force d’un homme ne réside pas dans sa capacité à contraindre, mais dans son aptitude à coopérer avec justice. »
Quant à Ibn al-Jawzi, il avertissait dans Sifât as-Safwa que « le mari tyrannique devient un obstacle à la miséricorde divine dans son foyer » (vol. 2, p. 178).
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Du côté soufi, Cheikh Ibrahima Niasse (RA) enseignait à ses disciples que :
« L’homme qui veut la lumière (nûr) doit en être la source pour son épouse, ses enfants, et son entourage. » (in Kitâb at-Tarbiyya an-Nafsiyya, édition Jamā‘atu Al-Fayda, p. 52)
Le marabout Serigne Babacar Sy recommandait :
« Le foyer est un jardin. Si l’homme ne s’y implique pas, il poussera des épines. » (Entretien retranscrit, 1955, archives de Tivaouane)
Conclusion : vers une révolution conjugale douce
Le leadership féminin n’est pas une menace pour la structure sociale. Il est, au contraire, un enrichissement pour les familles, les institutions et la nation. Mais il suppose un nouveau contrat conjugal, fondé sur l’écoute, l’équité, et l’encouragement mutuel.
Le mari éclairé du XXIe siècle est celui qui ne craint pas le rayonnement de sa compagne. Il le favorise, le soutient, et s’y engage comme à un projet commun. Car dans un monde plus exigeant, le succès se construit à deux.













