Le Rwanda accepte d’accueillir jusqu’à 250 migrants expulsés des États-Unis : hospitalité ou stratégie ?

Votre Pub ici !

Partager cet article
Le Rwanda accepte d’accueillir jusqu’à 250 migrants expulsés des États-Unis : hospitalité ou stratégie ?

Le gouvernement rwandais a confirmé son accord pour accueillir jusqu’à 250 migrants en provenance des États-Unis d’Amérique, dans le cadre d’un partenariat migratoire volontaire. Une annonce qui intervient alors que Donald Trump, candidat à la présidentielle de novembre prochain, a promis une vaste campagne d’expulsions s’il revenait au pouvoir.

La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a déclaré que cette décision s’appuyait sur les valeurs profondes de la société rwandaise : « Le Rwanda a convenu avec les États-Unis d’accepter jusqu’à 250 migrants, en partie parce que presque toutes les familles rwandaises ont connu les difficultés du déplacement et que nos valeurs sociétales sont fondées sur la réintégration et la réhabilitation. »

Elle a toutefois précisé que Kigali gardait le dernier mot : le Rwanda se réserve le droit de refuser l’entrée sur son territoire à toute personne proposée par Washington.

Ce n’est pas la première fois que le Rwanda se positionne comme terre d’accueil pour des migrants rejetés par les puissances occidentales. En 2022 déjà, Kigali avait signé un accord controversé avec le Royaume-Uni pour accueillir des demandeurs d’asile expulsés. L’accord, suspendu depuis par la justice britannique, avait suscité un débat mondial sur l’externalisation des politiques migratoires par les pays riches vers des pays plus pauvres.

Avec ce nouveau partenariat, c’est vers les États-Unis d’Amérique que Kigali tend la main. Mais à quel prix ?

Derrière l’image d’un pays modèle en matière d’accueil se dessine une stratégie plus complexe : celle d’un gouvernement qui cherche à renforcer ses alliances internationales et à affirmer son rôle d’acteur global, en misant sur la diplomatie humanitaire.

La question migratoire s’est déjà imposée comme un thème central dans la campagne présidentielle états-unienne. Donald Trump, favori de la droite conservatrice, a promis de relancer massivement les expulsions de migrants sans-papiers. Son entourage évoque un objectif de plusieurs millions de personnes.

Dans cette perspective, des accords comme celui signé avec Kigali pourraient devenir des pièces maîtresses d’une politique de « délocalisation » des expulsions vers des États partenaires. Or, cela pose de nombreuses questions juridiques, éthiques et humanitaires, notamment sur les droits des migrants, les critères de sélection, et la capacité des pays hôtes à assurer une réelle intégration.

L’image du Rwanda comme pays refuge peut flatter les consciences. Mais cette posture est aussi interprétée par certains observateurs comme une manière de monnayer son image internationale contre des avantages diplomatiques ou économiques. Kigali, en effet, bénéficie d’une forte aide étrangère et entretient des liens stratégiques avec plusieurs capitales occidentales, dont Londres et Washington.

La porte-parole du gouvernement rwandais a tenu à rappeler que chaque cas serait évalué avec rigueur, soulignant la souveraineté du pays dans ce processus. Toutefois, la question demeure : comment une nation de 13 millions d’habitants, déjà confrontée à ses propres défis socio-économiques, peut-elle durablement absorber des flux de migrants déportés de puissances étrangères sans impact sur sa stabilité ?

Ce type d’accord interroge aussi plus largement le rôle que les pays africains sont appelés à jouer dans la gestion mondiale des flux migratoires. Sont-ils des partenaires égaux dans la négociation ou des zones de décharge pour les politiques d’exclusion des pays du Nord ? Le Rwanda, en acceptant ce rôle, ouvre la voie à un débat continental sur la dignité, la souveraineté et l’accueil.

Article rédigé par Celine Dou

📢 Pour toute publication, dénonciation ou témoignage, contactez Dunia News à :
📩 info@dunia-news.com ou via WhatsApp au +19516189300

📰 Dunia News – La voix de ceux qu’on n’entend pas.

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci