Le Safar mouride : une éthique du travail, de la constance et du service
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« Celui qui marche vers Dieu avec sincérité verra Dieu venir à lui en courant. »
— Hadith Qudsi rapporté par al-Bukhârî, Ṣaḥîḥ, vol. 9, hadith n° 7405
- Le Safar, une dynamique spirituelle permanente
Dans le mouridisme, le terme « safar » ne désigne pas uniquement un déplacement physique, mais un voyage intérieur, un chemin vers Dieu à travers l’effort, les épreuves et le service.
« Le safar de Serigne Touba, loin d’être un exil subi, est un voyage vers l’élévation, une migration intérieure que tout talibé est appelé à accomplir. »
— Cheikh Anta Babou, Fighting the Greater Jihad, Ohio University Press, 2007, p. 121
Serigne Touba écrit dans Jazā’u Sh-Shakūr :
« Mon voyage fut un acte de foi, ma solitude un rendez-vous avec la lumière. »
— Cheikh Ahmadou Bamba, Jazā’u Sh-Shakūr, vers 52 (éd. Daaray Khadim Rassoul, 2010)
- Le travail : une prière en mouvement
Le travail dans le mouridisme est une forme d’adoration. Il incarne le service désintéressé, le dépassement de soi, et l’accomplissement de la volonté divine.
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« Celui qui travaille de ses mains pour subvenir à ses besoins est le bien-aimé de Dieu. »
— Hadith rapporté par Ṭabarânî dans al-Muʿjam al-Kabîr, vol. 18, p. 217
Dans Masālik al-Jinān, Serigne Touba affirme :
« Ne méprise jamais la pioche, car elle est lumière si elle sert Dieu. »
— Cheikh Ahmadou Bamba, Masālik al-Jinān, vers 89 (éd. Daaray Kamil, 2009)
Le chercheur Donal B. Cruise O’Brien note :
« Le mouridisme a su réhabiliter le travail manuel en le sacralisant. Le talibé travaille comme il prie. »
— The Mourides of Senegal, Oxford University Press, 1971, p. 111
- La constance (istiqāmah) : l’endurance comme ligne de foi
Dans la vision mouride, la persévérance dans le travail et le service, malgré les obstacles, est le signe de la grandeur spirituelle. Serigne Touba écrit dans Tazāmun al-Fuqara :
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« La grandeur n’est pas dans la vitesse mais dans l’endurance pour Dieu. »
— Cheikh Ahmadou Bamba, Tazāmun al-Fuqara, vers 31 (éd. Khassida Project, 2014)
Dans un hadith authentique, le Prophète ﷺ dit :
« L’acte le plus aimé de Dieu est celui qui est accompli avec régularité, même s’il est minime. »
— Ṣaḥîḥ al-Bukhârî, vol. 2, hadith n° 6465
Selon Serigne Saliou Mbacké :
« Un talibé qui arrête de travailler arrête de marcher vers Dieu. »
— Cité dans Ndigueel ak Xam-Xam, Hizbut-Tarqiyyah, 1999, p. 43
- Le service (khidma) : s’élever en servant
Dans la tradition mouride, le service est un devoir sacré. Il peut être physique (balayer, construire, cultiver), ou spirituel (enseigner, réciter, invoquer). Ce service est toujours orienté vers Dieu.
« Serigne Touba nous a enseigné que balayer la cour d’un marabout peut mener au Paradis, si l’intention est pure. »
— Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum, Khoutbah de Gamou Tivaouane, 1993
Dans Wasiyyatu Cheikh Ibrahima Fall, on lit :
« J’ai servi sans calcul, j’ai obéi sans discuter, et Dieu m’a élevé. »
— Cheikh Ibrahima Fall, Wasiyya, vers 17 (éd. Hizbut-Tarqiyyah, 2001)
Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne commente :
« Le mouridisme a fait du service une mystique : on se rapproche de Dieu par la loyauté, l’humilité et la tâche bien faite. »
— Islam et société ouverte, Maisonneuve & Larose, 2001, p. 67
- Une pédagogie incarnée du devoir
Le talibé ne travaille pas pour réussir socialement, mais pour se purifier, se rapprocher de Dieu, et s’inscrire dans la voie de Serigne Touba. Cette pédagogie repose sur l’exemple, non sur la théorie.
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« Bamba ne nous a pas appris avec des livres, mais avec des actes. Il priait avec la plume et jeûnait avec la pioche. »
— Serigne Bassirou Mbacké Ibn Serigne Fallou, Conférence annuelle à Darou Marnane, 2015« Le mouridisme donne sens au quotidien, à la fatigue, à la répétition. Il transforme la routine en ascèse. »
— Ibrahima Thioub, Islam confrérique et engagement social, L’Harmattan, 1998, p. 88
Conclusion : Un safar éternel
Le safar mouride est un voyage sans fin : il commence à la pioche, continue dans le service, s’élève dans la constance, et s’achève dans la rencontre avec Dieu. Le modèle de Serigne Touba n’est pas un souvenir figé, mais une marche active et spirituelle vers le Seigneur.
« J’ai marché pour Dieu, et chaque pas fut pour moi une victoire. »
— Cheikh Ahmadou Bamba, Mathnawiyyāt al-Mujāhidīn, vers 83 (éd. Daaray Serigne Touba, 2011)
Imam chroniqueur Babacar Diop

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