Le « Tass Time » : Quand le divorce devient objet de célébration au Sénégal

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Le "Tass Time" : Quand le divorce devient objet de célébration au Sénégal

Une nouvelle tendance sociale commence à émerger au Sénégal, suscitant curiosité, débats et controverses : la célébration du divorce, communément appelée « Tass Time ». Longtemps considéré comme une rupture douloureuse, le divorce prend aujourd’hui, dans certains cercles, une autre tournure — celle d’un événement marquant qui mérite d’être fêté.

Cette pratique encore marginale s’invite de plus en plus dans les discussions publiques, notamment depuis qu’elle a été mise en scène dans une série télévisée populaire. L’épisode en question présente une scène inhabituelle dans le paysage audiovisuel sénégalais : une femme célébrant son divorce aux côtés de son ex-mari, dans une atmosphère festive. Le symbole est fort, déroutant pour certains, inspirant pour d’autres.

Traditionnellement, les célébrations au Sénégal se concentrent sur les étapes joyeuses de la vie, telles que le mariage, la naissance ou encore les cérémonies de fiançailles. Des événements comme le « Henné Time » ou l’enterrement de vie de jeune fille illustrent cette valorisation de l’union et du début d’une vie conjugale. L’émergence du « Tass Time » s’inscrit donc en rupture avec cette vision conventionnelle, en introduisant la possibilité d’un nouveau départ à travers la fin d’un engagement marital.

Pour les partisans de cette nouvelle forme d’expression, il s’agit de revendiquer une liberté retrouvée et de briser le tabou entourant le divorce. La fête devient alors un acte d’émancipation, une manière d’affirmer que la séparation n’est pas nécessairement un échec, mais peut au contraire marquer le début d’une vie plus épanouie. Cette approche résonne particulièrement auprès de la jeune génération, influencée par les séries télévisées, les réseaux sociaux et les discours sur l’autonomisation individuelle.

Cependant, cette évolution ne fait pas l’unanimité. Des voix critiques dénoncent une banalisation de la cellule familiale, un effritement des valeurs traditionnelles, voire une importation de modèles culturels étrangers. Certains y voient une dérive, une forme de mimétisme culturel qui ne correspond pas aux réalités sociales sénégalaises. D’autres s’interrogent sur la sincérité de cette pratique : s’agit-il d’une véritable expression de liberté ou d’une simple mise en scène médiatique ?

Ce débat reflète une mutation plus profonde des mentalités. Le divorce, longtemps vécu dans le silence et la douleur, tend à devenir un phénomène davantage assumé, voire revalorisé. Le « Tass Time » en est l’un des symptômes, entre tentative de normalisation et revendication symbolique.

Il reste à savoir si cette tendance restera anecdotique ou si elle s’imposera durablement dans les pratiques sociales. Ce qui est certain, c’est qu’elle invite à repenser les normes culturelles autour du couple, de l’union… et de la séparation.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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