Législatives en Côte d’Ivoire : un scrutin sous tension dans l’ombre de la présidentielle contestée

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Législatives en Côte d’Ivoire : un scrutin sous tension dans l’ombre de la présidentielle contestée

Les électeurs ivoiriens se sont rendus aux urnes ce samedi pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale, dans un climat politique encore marqué par les remous de la récente élection présidentielle. Selon la Commission électorale indépendante (CEI), les résultats provisoires des élections législatives devraient être annoncés entre le 28 et le 30 décembre 2025, tandis que les éventuels contentieux électoraux devront être tranchés au plus tard le 5 janvier 2026, avant l’installation de la nouvelle législature.
Au total, plus de huit millions d’Ivoiriens étaient appelés à voter pour désigner les 255 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale pour un mandat de cinq ans, au suffrage universel direct.

Un scrutin boycotté par une partie de l’opposition

Ce scrutin intervient deux mois seulement après la réélection du président Alassane Ouattara, dont la victoire lui a permis d’entamer un quatrième mandat, une reconduction largement contestée par l’opposition. Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation de l’ancien président Laurent Gbagbo, a choisi de boycotter ces élections législatives, dénonçant son exclusion préalable de la présidentielle d’octobre.
La période préélectorale a en effet été marquée par la mise à l’écart de figures majeures de l’opposition, notamment Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, ainsi que par une répression jugée violente des mouvements de contestation, suscitant de vives inquiétudes sur l’équité du processus démocratique.

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Une longévité du pouvoir qui interroge en Afrique

La réélection d’Alassane Ouattara s’inscrit dans un contexte plus large de longévité du pouvoir sur le continent africain, alors même que l’Afrique demeure la région la plus jeune du monde. À l’instar du président ivoirien, plusieurs dirigeants âgés continuent de diriger leurs pays, parmi lesquels Paul Biya au Cameroun (92 ans), Yoweri Museveni en Ouganda (81 ans) ou encore Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en Guinée équatoriale (83 ans).

Entre croissance économique et malaise social

Sur le plan économique, le président Ouattara est crédité d’avoir supervisé une relance notable depuis la fin de la guerre civile en 2011, avec une croissance annuelle avoisinant les 6 %, portée notamment par le secteur du cacao. Toutefois, cette performance macroéconomique contraste avec une réalité sociale plus sombre : près de 37,5 % des quelque 30 millions d’habitants vivent toujours sous le seuil de pauvreté, et le chômage touche particulièrement les jeunes.
Par ailleurs, les relations diplomatiques de la Côte d’Ivoire avec les pays du Sahel — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — se sont fortement dégradées. Les juntes au pouvoir dans ces États accusent Abidjan d’un soutien implicite à la France, qu’elles tiennent pour responsable de l’aggravation de l’insécurité dans la région.

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Dans l’attente des résultats

Dans ce contexte politique, économique et diplomatique tendu, l’annonce des résultats des législatives est très attendue. Elle devrait permettre de mesurer le rapport de forces au sein du Parlement et de jauger l’impact du boycott de l’opposition sur la représentativité de la future Assemblée nationale.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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