Les Cordes de l’Existence : Retisser le lien vital et spirituel
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La vie de l’être humain est tissée de cordes visibles et invisibles. Certaines nous relient à la survie biologique, d’autres à la vérité morale, d’autres encore au Créateur. Ces cordes, qu’elles soient solides ou fragiles, nous rappellent que l’existence n’est qu’un entrelacement de liens qu’il nous faut préserver ou couper au bon moment
La corde de la vie : le cordon ombilical
C’est la première attache, qui nourrit et maintient l’enfant dans le ventre maternel. Elle nous enseigne que la dépendance est constitutive de l’être humain. Ibn al-Qayyim note : « L’homme naît lié et dépendant, et cette dépendance doit ensuite se transformer en attachement à Celui qui donne la vie » (Tuhfat al-Mawdûd, p. 43). Dans la pensée contemporaine, le médecin Boris Cyrulnik affirme : « Nous sommes tous des êtres de lien, sans attachement nous mourons » (Les vilains petits canards, p. 18).
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La corde de la mort : la pendaison
Symbole de désespoir, elle incarne la rupture avec l’espérance. Le Prophète ﷺ a averti : « Aucun d’entre vous ne souhaite la mort, car si c’est un bien pour lui, qu’il augmente ses œuvres, et si c’est un mal, qu’il se repente » (Sahîh al-Bukhârî, 5671). En philosophie, Camus écrivait que « le vrai problème philosophique est le suicide » (Le Mythe de Sisyphe, p. 15), montrant que la corde de la mort pose la question du sens de la vie.
La corde invisible des pensées
Les pensées sont comme des fils subtils qui orientent nos choix. Un mot peut les couper ou les renforcer. Sénèque disait : « Nos pensées tissent la trame de notre destin » (De Vita Beata, chap. 15). Le Prophète ﷺ a rassuré : « Allah a pardonné à ma communauté ce qu’elle pense, tant qu’elle ne le dit pas ou ne l’accomplit pas » (Sahîh Muslim, 127). Mais dans une société où les réseaux sociaux diffusent les idées à grande vitesse, cette corde est aujourd’hui plus fragile que jamais.

La corde du mensonge : courte et fragile
« Le mensonge est la corde la plus courte », dit l’adage populaire. Ibn Taymiyya avertissait : « Le mensonge est la corde la plus fragile, il se brise au premier souffle de vérité » (Majmû‘ al-Fatâwâ, vol. 10, p. 282). Pour Aristote, la vérité est « ce qui est conforme à la réalité » (Métaphysique, IV, 7). Dans le contexte actuel, marqué par les fausses informations et la manipulation, le mensonge apparaît comme une corde qui se noue vite… mais se défait tout aussi rapidement.
La corde de l’affection et de la fraternité
Le Coran enseigne : « … sauf avec un lien d’Allah et un lien des hommes » (3:112). Dans ses recherches, le sociologue sénégalais Abdou Salam Fall parle de « solidarité structurante » (La société sénégalaise entre tradition et modernité, p. 219). Ibn Khaldoun, quant à lui, affirmait que « l’homme est social par nature, il ne survit qu’en s’attachant à ses semblables » (Al-Muqaddima, chap. 1). La mouwadda (affection sincère) est donc une corde sociale et spirituelle.
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La corde la plus proche : la veine jugulaire
Allah dit : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » (Coran, 50:16). Cette image montre que la proximité divine n’est pas seulement métaphysique, mais existentielle. Le philosophe Pascal écrivait : « Dieu est au cœur de l’homme, et non pas au bout du monde » (Pensées, fragment 194). C’est cette corde intérieure qui relie chaque être humain à son Créateur, même lorsqu’il l’ignore.
La corde la plus forte : le Câble d’Allah
Enfin, le Coran ordonne : « Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah » (3:103). Ce lien spirituel est le plus solide, car il unit au-delà des différences sociales, ethniques et culturelles. Tariq Ramadan souligne : « Le lien vertical avec Dieu est ce qui donne sens aux liens horizontaux avec les hommes » (Islam, la réforme radicale, p. 76).
Réflexion personnelle (Imam Babacar Diop)
« Dans nos sociétés, les cordes se défassent : la corruption ronge la vérité, l’individualisme fragilise la solidarité, les fausses nouvelles coupent le fil de la confiance. Mais il reste un Câble indestructible : le ḥabl Allâh. Tant que nous nous y accrochons ensemble – par la prière, l’honnêteté et la fraternité –, nous pouvons retisser nos relations et redonner espoir. Sans ce lien, nous flottons dans le vide ; avec lui, nous marchons vers la lumière. »
Imam chroniqueur
Babacar Diop













