Les hommes immatures : une menace silencieuse pour l’équilibre des foyers

Votre Pub ici !

Partager cet article
Les hommes immatures : une menace silencieuse pour l’équilibre des foyers

Il existe, dans le silence des foyers africains et au-delà, une réalité douloureuse que beaucoup préfèrent ignorer : la fragilité masculine. Non pas la fragilité humaine, normale et assumée, mais l’immaturité masculine, celle qui ronge de l’intérieur, détruit les couples, expose les femmes et entretient un cycle interminable de souffrance morale.

Les drames qui secouent périodiquement notre société ne sont pas des accidents isolés. Ils révèlent une structure sociale défaillante, un modèle masculin inachevé et un déficit d’éducation émotionnelle. Trop d’hommes arrivent dans le mariage sans être devenus adultes, et trop de femmes paient le prix de cette défaillance.

À lire aussi : Thiès : l’ambition d’une ville modèle portée par une vision audacieuse et un leadership territorial renouvelé

  1. Quand l’homme n’a pas grandi, le mariage devient un champ de bataille silencieux

Dans sa profondeur, l’immaturité masculine n’est pas un simple trait de caractère, mais une posture existentielle. Elle se manifeste par :

une incapacité à prendre des décisions autonomes,

une dépendance affective envers la mère ou la sœur,

une sensibilité exacerbée au regard social,

une peur panique du conflit,

une absence de prise de responsabilité réelle.

Le sociologue marocain Mohamed Cherkaoui, dans Familles en transition (p. 231), note :

« Beaucoup d’hommes, en Afrique et ailleurs, entrent dans le mariage comme on entre dans une maison sans murs : ils dépendent encore émotionnellement de leur famille, et leur femme devient alors un intrus dans un espace non encore quitté. »

Cette immaturité produit alors une équation dangereuse :
l’homme faible devient un facteur de violence, parfois active, souvent passive, mais toujours destructrice.

Imam Babacar Diop souligne :

« L’homme immature n’a pas besoin de frapper pour briser ; son absence suffit à détruire. »

  1. La belle-famille envahissante : un héritage culturel devenu toxique

La cohabitation avec la belle-famille représente, dans nos sociétés, un héritage ancestral. Elle reposait autrefois sur des valeurs de solidarité et de partage. Mais dans la modernité, cette proximité est devenue souvent source de tensions, d’humiliations et de conflits invisibles.

La juriste Aïssatou Mbaye, spécialiste du droit familial, rappelle dans Droits des femmes en contexte africain (p. 154) :

« Le mariage n’unit pas deux familles, mais deux responsabilités. Le droit islamique comme le droit moderne donnent à la femme le droit à un espace indépendant. »

Les grands juristes contemporains confirment cela.
Cheikh Abdallah Ben Bayyah, dans Taysîr al-fiqh (p. 387), affirme :

« Avancer qu’une épouse doit vivre chez ses beaux-parents est une pratique culturelle et non une prescription religieuse. Sa dignité exige un espace propre. »

Pourtant, dans beaucoup de foyers, l’épouse vit sous la surveillance permanente d’une belle-mère jalouse, d’une sœur possessive ou d’une famille élargie intrusive.
Cette proximité constante devient souvent une forme de violence symbolique.

À lire aussi : Luanda 2025 : L’Afrique et l’Europe tracent les contours d’un partenariat refondé

Imam Babacar Diop écrit :

« L’épouse n’est pas la servante de la famille. Elle est une lumière confiée à un homme, et non à un clan. »

  1. Le syndrome de Peter Pan : quand l’homme refuse l’âge adulte

Le psychologue Dan Kiley, dans Le syndrome de Peter Pan (p. 45), décrit un phénomène frappant : des hommes physiquement adultes mais émotionnellement adolescents.
Ces hommes :

rejettent la responsabilité,

fuient l’engagement réel,

se déchargent sur leur mère,

cherchent à dominer pour masquer leur peur intérieure.

Ce mécanisme, très répandu, explique pourquoi certaines épouses se retrouvent face à un partenaire qui demande l’obéissance, mais ne donne pas la protection ; qui réclame la loyauté, mais n’offre pas la sécurité.

Le professeur Tariq Ramadan, dans Présence au monde (p. 119), écrit :

« La maturité n’est pas l’âge ; c’est la capacité à porter ce que l’on aime, à tenir debout pour ceux qui comptent sur nous. »

  1. La violence invisible : quand la faiblesse devient agressive

Contrairement à l’opinion populaire, la violence conjugale n’est pas seulement le fait d’hommes violents.
Elle naît souvent d’hommes faibles.

La psychologue sénégalaise Seynabou Ndione, dans Psychologie des foyers contemporains (p. 92), affirme :

« La violence la plus destructive n’est pas toujours le coup : c’est l’abandon émotionnel, l’indifférence, la fuite devant les responsabilités, ou l’alliance toxique avec la famille contre l’épouse. »

C’est dans ce vide que naissent :

les humiliations quotidiennes,

la mise à l’écart,

le manque d’affection volontaire,

l’isolement,

la complicité passive avec les beaux-parents.

Imam Babacar Diop résume admirablement :

« Un homme faible ouvre la porte du foyer à tous les malheurs. Un homme mature est la porte elle-même. »

  1. Le prix que paient les femmes : solitude, anxiété, épuisement émotionnel

À lire aussi : Guédiawaye : un retraité se fait passer pour un douanier et escroque plusieurs victimes

Les femmes, dans ces foyers, vivent une spirale :

d’angoisse,

de solitude,

de culpabilisation permanente,

d’humiliations normalisées,

d’épuisement mental et physique.

La philosophe Martha Nussbaum, dans Capacités et justice (p. 72), explique :

« Une femme à qui l’on refuse la sécurité émotionnelle est déjà victime d’une forme de violence. »

Beaucoup restent par peur du jugement social, par amour pour leurs enfants, ou parce qu’on leur a appris à endurer en silence.

  1. Pour reconstruire : la maturité masculine comme fondation du foyer

Le problème n’est pas “l’homme” ; le problème, c’est l’homme qui refuse de devenir adulte.

Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, dans Éthique du vivre ensemble (p. 98), rappelle :

« Un foyer stable n’est pas bâti sur l’autorité masculine, mais sur la lucidité masculine. »

L’homme doit apprendre :

à poser des limites à sa famille,

à protéger son épouse,

à assumer ses décisions,

à distinguer affection maternelle et loyauté conjugale,

à devenir adulte émotionnellement.

Imam Babacar Diop conclut :

« Un homme n’est pas adulte lorsqu’il devient père, mais lorsqu’il devient responsable. Un foyer ne s’écroule jamais par excès de force ; il tombe toujours par manque de maturité. »

CONCLUSION

À lire aussi : Extradition de Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles reporte sa décision au 3 février 2026

Les drames que nous voyons ne sont pas des accidents. Ils sont les symptômes d’une génération d’hommes qui n’a pas été éduquée à aimer de manière adulte.
Il est urgent d’ouvrir ce débat.
Il est urgent de rééduquer nos garçons.
Il est urgent de réhabiliter la maturité masculine.

Parce qu’un homme mature apaise.
Et un homme immature détruit, même en silence.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci