L’ex-président sénégalais Macky Sall candidat au poste de secrétaire général de l’ONU
Votre Pub ici !
Le processus de succession à la tête de Organisation des Nations unies (ONU) s’anime. Lundi 2 mars 2026, la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall a été officiellement transmise à l’Assemblée générale par la République du Burundi, selon une annonce faite par la porte-parole de l’institution.
Cette candidature vise à remplacer l’actuel secrétaire général, António Guterres, dont le second mandat arrive à échéance le 31 décembre 2026. Conformément aux règles onusiennes, le prochain titulaire entamera son mandat le 1er janvier 2027 pour une durée de cinq ans renouvelable une fois.
Une candidature portée par le Burundi
Selon la porte-parole de l’Assemblée générale, La Neice Collins, « la présidente de l’Assemblée générale a reçu une nouvelle nomination », précisant qu’il s’agit de Macky Sall, proposé par le Burundi. En vertu des procédures établies depuis la résolution 69/321 de l’Assemblée générale (2015), tout candidat doit être formellement présenté par un État membre ou un groupe d’États.
Le Burundi assure actuellement la présidence de l’Union africaine, un élément stratégique dans cette démarche. Entre février 2022 et février 2023, Macky Sall avait lui-même présidé l’Union africaine, période durant laquelle il avait multiplié les initiatives diplomatiques, notamment sur les questions de dette africaine, de sécurité alimentaire et de réforme du système financier international.
Un processus encadré par le Conseil de sécurité
La désignation du secrétaire général obéit à un mécanisme précis défini par l’article 97 de la Charte des Nations unies : le secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.
En pratique, le Conseil de sécurité — composé de 15 membres dont 5 permanents dotés d’un droit de veto (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) — conduit des consultations informelles et procède à des « scrutins indicatifs » (straw polls). Aucun candidat ne peut être recommandé s’il fait l’objet d’un veto d’un membre permanent.
Une compétition déjà engagée
Avant l’entrée en lice de Macky Sall, deux candidatures officielles avaient été rendues publiques :
Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ;
Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le Costa Rica a par ailleurs proposé l’ancienne vice-présidente Rebeca Grynspan, dont la candidature reste à formaliser.
Selon une tradition non écrite de rotation géographique — jamais strictement appliquée — le poste reviendrait cette fois à l’Amérique latine, région qui n’a encore jamais occupé cette fonction. Par ailleurs, plusieurs États membres plaident ouvertement pour l’élection d’une femme, ce qui constituerait une première historique depuis la création de l’ONU en 1945.
Les enjeux diplomatiques
La candidature de Macky Sall s’inscrit dans un contexte international marqué par :
la réforme du multilatéralisme et du Conseil de sécurité ;
la crise climatique et les négociations sur le financement de l’adaptation ;
les tensions géopolitiques persistantes (Moyen-Orient, Ukraine, Indo-Pacifique) ;
la question de la dette des pays du Sud.
Durant sa présidence de l’Union africaine, Macky Sall avait plaidé pour une meilleure représentation du continent africain dans les instances décisionnelles mondiales, notamment au sein du G20 — dont l’Union africaine est devenue membre permanent en septembre 2023.
Une bataille diplomatique décisive
Si la campagne reste encore discrète, le calendrier onusien prévoit que le Conseil de sécurité entame formellement les consultations d’ici la fin juillet 2026. La recommandation finale sera ensuite soumise au vote de l’Assemblée générale, qui élit le secrétaire général à la majorité simple des États membres.
Au-delà des profils individuels, cette succession cristallise les rapports de force mondiaux : équilibre Nord-Sud, rivalités entre grandes puissances, revendications régionales et quête de parité.
La candidature de Macky Sall ouvre ainsi un nouveau chapitre diplomatique pour le Sénégal et pour l’Afrique, dans une compétition où l’expérience politique, l’acceptabilité internationale et l’absence de veto pèseront plus que jamais.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop














