L’Inde défie les menaces de sanctions américaines et défend son partenariat énergétique avec la Russie

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L’Inde défie les menaces de sanctions américaines et défend son partenariat énergétique avec la Russie

L’Inde a fermement rejeté les avertissements émis par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, concernant de potentielles sanctions américaines en cas de poursuite de ses relations commerciales avec la Russie. Dans une déclaration vigoureuse, le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a rappelé que les choix énergétiques de l’Inde obéissent à des considérations pragmatiques, en lien avec les offres du marché mondial et les besoins internes du pays.

« Les décisions de l’Inde en matière d’approvisionnement énergétique sont fondées sur les conditions du marché international et nos impératifs nationaux », a déclaré M. Jaiswal, lors d’une conférence de presse à New Delhi.

Un rejet net de la logique des sanctions extraterritoriales

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Ces propos interviennent après que Mark Rutte a évoqué la possibilité de sanctions contre l’Inde, la Chine et le Brésil si ces pays ne reconsidéraient pas leurs échanges avec Moscou, tant que le Kremlin refuse de s’engager « sérieusement » dans des négociations de paix sur le conflit ukrainien. Une pression qui s’inscrit dans une dynamique plus large de l’administration américaine visant à isoler la Russie sur le plan économique.

Pour New Delhi, cette posture occidentale reflète un « deux poids, deux mesures » inacceptable. « Nous mettons en garde contre toute approche sélective ou discriminatoire dans la mise en œuvre de telles mesures », a insisté Jaiswal.

Une vision multipolaire assumée

L’Inde, qui a récemment renforcé ses liens commerciaux avec la Russie, notamment dans le domaine pétrolier, affirme maintenir une diplomatie de non-alignement stratégique. Elle considère ses relations économiques comme une question de souveraineté et refuse de se plier aux injonctions géopolitiques des grandes puissances occidentales.

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Le politologue indien C. Raja Mohan rappelle dans Crossing the Rubicon: The Shaping of India’s New Foreign Policy (Palgrave Macmillan, 2003, p. 191) que « la quête de l’autonomie stratégique reste un principe fondamental de la politique extérieure indienne depuis Nehru ».

La Chine sur la même ligne

Dans le même esprit, la Chine a également rejeté les avertissements du secrétaire général de l’OTAN. Pékin a réaffirmé son opposition aux sanctions unilatérales et à l’extraterritorialité du droit américain. Elle prône une résolution diplomatique de la guerre en Ukraine, basée sur le dialogue et la négociation.

Cette convergence de vues entre Pékin et New Delhi illustre une recomposition géopolitique en cours, marquée par l’émergence d’un front de pays du Sud global réticents à suivre l’agenda des sanctions imposé par l’Occident.

Un basculement stratégique dans le commerce mondial ?

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Alors que les sanctions visent à isoler Moscou, elles semblent paradoxalement renforcer les échanges énergétiques entre la Russie et les puissances asiatiques. Des analystes mettent en garde contre l’effet boomerang de cette stratégie. « L’imposition de sanctions sans consensus international risque de fracturer l’ordre économique mondial », note le chercheur Zeno Leoni dans Grand Strategy and the Rise of China (Routledge, 2022, p. 133).

imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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