Londres et Pékin sortent de l’ère glaciaire : le pari du pragmatisme stratégique

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Londres et Pékin sortent de l’ère glaciaire : le pari du pragmatisme stratégique

Huit ans après la dernière visite d’un Premier ministre britannique en Chine, Londres et Pékin amorcent un timide dégel diplomatique. Jeudi, au Grand Palais du Peuple, le chef du gouvernement britannique Keir Starmer et le président chinois Xi Jinping ont scellé une reprise du dialogue, dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques et les recompositions géopolitiques.
Pour Downing Street, le mot d’ordre est clair : pragmatisme. En visite officielle de trois jours en Chine, Keir Starmer a plaidé pour une relation « mature » avec la deuxième économie mondiale, appelant à la construction d’un partenariat stratégique cohérent, complet et durable. Des propos rapportés par Al Jazeera, qui traduisent la volonté britannique de sortir d’une posture essentiellement défensive adoptée depuis 2018.

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Face à lui, Xi Jinping a insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue et la coopération dans un environnement international qu’il juge « complexe et étroitement imbriqué ». Un langage diplomatique mesuré, mais révélateur d’un intérêt partagé à rétablir des canaux de communication longtemps gelés.

L’économie comme moteur du rapprochement

La dimension économique constitue le socle de cette relance. Keir Starmer n’a pas fait le déplacement seul : près de cinquante entreprises et institutions culturelles britanniques l’accompagnent, parmi lesquelles HSBC, British Airways, AstraZeneca et GSK. Un signal fort adressé à Pékin, alors que la Chine demeure, en 2025, le quatrième partenaire commercial du Royaume-Uni, avec des échanges bilatéraux estimés à 137 milliards de dollars, selon les chiffres officiels britanniques.
Pour Katrina Yu, correspondante d’Al Jazeera à Pékin, la coopération économique et sécuritaire figure en tête de l’agenda, avec un objectif implicite : sortir la relation bilatérale d’un « gel profond » sans ignorer les différends persistants.

Une normalisation sous conditions

Car ce rapprochement reste fragile. Keir Starmer a clairement exprimé son souhait d’identifier des domaines de coopération tout en maintenant un dialogue franc sur les désaccords. Parmi eux, la situation des droits humains à Hong Kong depuis 2019 et le cas de Jimmy Lai, magnat des médias pro-démocratie et citoyen britannique poursuivi en vertu de la loi sur la sécurité nationale chinoise.
Malgré ces points de tension, Londres explore des terrains d’entente pragmatiques, notamment en matière de coopération policière, en particulier dans la lutte contre les réseaux de trafic de migrants clandestins.

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L’ombre de Washington

Cette reprise du dialogue intervient dans un contexte international tendu. Les relations de Londres comme de Pékin avec Washington restent sous pression, notamment en raison de la guerre tarifaire initiée par le président américain Donald Trump. Les récentes déclarations de ce dernier sur une possible annexion du Groenland ont également ravivé les inquiétudes au sein de l’OTAN, renforçant, pour le Royaume-Uni, la nécessité de diversifier ses partenariats stratégiques.
Sans rupture idéologique ni alignement stratégique, Londres et Pékin semblent ainsi engagés dans une normalisation prudente, dictée moins par la confiance que par la lucidité face aux réalités du monde multipolaire.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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