L’Union européenne accélère vers la neutralité climatique : cap sur une réduction de 90 % des émissions d’ici 2040

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L’Union européenne accélère vers la neutralité climatique : cap sur une réduction de 90 % des émissions d’ici 2040

Le Parlement européen a franchi une nouvelle étape décisive dans sa lutte contre le réchauffement climatique. Réuni en séance plénière ce jeudi 13 novembre 2025, il a adopté, par 379 voix pour, 248 contre et 10 abstentions, un objectif ambitieux : réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040, en comparaison avec les niveaux de 1990.

Cet objectif, qui s’inscrit dans la continuité du Pacte vert pour l’Europe, vise à préparer le continent à atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050. La proposition émane de la Commission européenne, qui a souhaité inscrire cette trajectoire dans la loi européenne sur le climat, déjà en vigueur depuis 2021.

Entre ambition écologique et compétitivité économique

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Les députés européens ont insisté sur un point essentiel : la transition verte ne doit pas fragiliser la compétitivité de l’Union. Comme le rappelle l’économiste français Jean Pisani-Ferry, dans Le Prix de l’action climatique (Fayard, 2023, p. 87), « l’écologie politique ne peut être durable que si elle se marie à la justice économique ». L’Europe cherche donc à concilier ambition environnementale et maintien d’une économie industrielle forte.

Pour y parvenir, le texte prévoit plusieurs mécanismes de flexibilité. À partir de 2036, les États membres pourront recourir à des crédits carbone internationaux de haute qualité et à des technologies de captage et de stockage du carbone, notamment dans les secteurs où la réduction directe reste difficile.

Un calendrier ajusté pour mieux accompagner la transition

Autre décision notable : le report à 2028 du lancement du second système d’échange de quotas d’émission (SEQE2), qui devait initialement démarrer en 2027 et concerner les bâtiments et le transport routier. Ce délai vise à laisser davantage de temps aux États pour adapter leurs infrastructures et leurs politiques nationales.

Le Parlement européen a également exigé que la Commission évalue tous les deux ans les progrès réalisés vers l’objectif de 2040, afin de garantir la transparence et l’efficacité du processus.

Une vision européenne qui se veut exemplaire

L’Union européenne se positionne ainsi comme l’un des acteurs mondiaux les plus engagés dans la lutte contre le dérèglement climatique. Selon Christiana Figueres, ancienne secrétaire exécutive de la Convention climat de l’ONU et coautrice de The Future We Choose (Manilla Press, 2020, p. 142), « les décisions prises aujourd’hui en Europe ont un effet d’entraînement sur les politiques climatiques mondiales ».

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Cependant, cette ambition suscite des débats. Certains parlementaires craignent que le coût social de la transition pèse lourdement sur les ménages modestes, surtout dans un contexte de hausse des prix de l’énergie.

Vers des négociations décisives

Ce vote ne marque pas la fin du processus. Le Parlement européen doit désormais engager des négociations avec les États membres pour parvenir à un texte final, qui définira précisément les modalités de mise en œuvre et les mécanismes de solidarité entre pays.

Si les discussions aboutissent, l’Europe pourrait devenir le premier continent à s’engager légalement sur un objectif aussi ambitieux, envoyant un signal fort à la communauté internationale, à quelques mois de la COP31, prévue à Rio de Janeiro en 2026.

En résumé

L’Union européenne s’emploie à transformer son modèle de développement pour concilier prospérité économique et responsabilité écologique. Comme l’écrivait déjà le philosophe allemand Hans Jonas dans Le Principe responsabilité (1979, p. 35) :

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« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre. »

C’est à cette exigence éthique, autant qu’à un défi technique, que répond aujourd’hui l’ambition européenne.

imam chroniqueur
Babacar Diop

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