Macron, giflé par sa femme ? Quand l’image devient arme de guerre
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Une caresse ? Une tape affectueuse ? Ou une gifle publique ? La vidéo de Brigitte Macron posant brièvement la main sur le visage de son époux en plein tarmac vietnamien a mis le feu aux poudres. Et derrière cette scène banale, une guerre des récits s’est déclenchée, révélatrice d’un monde où la vérité n’a plus toujours droit de cité.

C’était une arrivée comme tant d’autres. Emmanuel Macron descendait d’un avion officiel au Vietnam, flanqué de son épouse Brigitte. Les caméras tournaient. Quelques secondes à peine : un geste de la Première dame vers le visage du président, un sourire, une posture familière. Mais il n’aura fallu que cela pour que les réseaux sociaux s’emballent et que le feu de l’interprétation transforme une scène conjugale en soi-disant gifle présidentielle.
En Afrique, on connaît bien ces montages viraux, ces séquences tronquées qu’on partage dans les groupes WhatsApp avant même de se demander si c’est vrai. Mais ici, ce n’est pas seulement une anecdote de salon : c’est un exemple frappant de la manière dont la guerre de l’information se joue aujourd’hui et dont les opinions africaines aussi deviennent cibles de manipulations globales.
L’agence de presse qui a filmé la scène est américaine, Associated Press. La vidéo est authentique. Pourtant, sur certains comptes, elle est rebaptisée “la gifle de Brigitte”, relayée par des figures de l’extrême droite états-unienne, des trolls russes, et des médias en mal de clics. On évoque une “correction”, une “honte publique”. L’Élysée, pris de court, suspecte une manipulation… avant de confirmer : non, ce n’est pas un faux. Mais ce n’est pas non plus une gifle.
Macron lui-même parle de “complicité de couple”, d’un geste tendre. Mais dans un monde qui préfère les clashs aux clarifications, qui l’écoute encore ?
Ce n’est pas la première fois qu’un détail devient arme. Et ce ne sera pas la dernière. Les grandes puissances ont compris que le meilleur moyen d’affaiblir un adversaire, ce n’est plus la bombe, mais la moquerie. Ridiculiser les chefs d’État, insinuer la faiblesse, propager le doute : tout cela participe d’une stratégie connue sous le nom de “guerre hybride”. La Russie en a fait une spécialité. Certains milieux états-uniens et union-européens en raffolent aussi.
Ce genre de séquence n’est jamais anodin. Elle participe d’un combat plus large : décrédibiliser les institutions, casser la confiance, détourner les peuples de l’essentiel. Et l’Afrique dans tout ça ? Elle devient relais. Spectatrice parfois, mais aussi victime. Car ces campagnes s’infiltrent chez nous, nourrissent les théories les plus folles, sapent la construction de nos propres nations.
Il faut dire que la Première dame française est une cible récurrente. On se souvient de ces rumeurs ignobles sur son identité de genre, largement diffusées dans certaines sphères complotistes. Des poursuites sont en cours. Mais le mal est fait. Comme si être une femme publique, qui assume son âge et sa parole, suffisait à déclencher l’acharnement.
Ce qui se joue ici dépasse le simple fait divers. C’est un révélateur de notre époque : celle où quelques secondes d’images, sorties de leur contexte, suffisent à fabriquer une “vérité” alternative. Une époque où l’info n’est plus sacrée, mais manipulable à volonté. Une époque où même un geste d’amour devient suspect.
Et si la vraie gifle, ce n’était pas celle de Brigitte, mais celle que reçoit chaque jour notre discernement collectif ? Ce que cette histoire raconte, au fond, c’est la fragilité de nos esprits dans un monde saturé d’images, de récits orientés, de vérités bricolées.
Alors, du haut de nos collines africaines ou dans la chaleur de nos villes, apprenons à regarder au-delà du spectacle. Car dans ce théâtre mondial où l’on manipule les peuples avec des vidéos de dix secondes, garder les yeux ouverts, c’est déjà résister.













