Marouba Fall : Une voix littéraire majeure, entre rigueur et engagement
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Romancier, dramaturge, poète, essayiste et pédagogue, Marouba Fall s’impose depuis plusieurs décennies comme une figure incontournable de la scène littéraire sénégalaise et africaine. Son œuvre, aussi vaste que rigoureuse, explore les grandes questions existentielles à travers le prisme des réalités africaines.
Dans le paysage des lettres postcoloniales, Marouba Fall incarne une rare alliance entre densité éthique, richesse symbolique et exigence stylistique. De ses romans à sa poésie, en passant par le théâtre et l’essai, l’ancien proviseur et conseiller au ministère de l’Éducation nationale trace une trajectoire singulière, faite de constance, de profondeur et d’humilité.
« Je ne suis qu’un écrivant, les écrivains ce sont les Césaire, les Senghor », confie-t-il, dans un refus manifeste de l’autocélébration. Pourtant, son œuvre en dit long sur son engagement intellectuel et moral. De La Collégienne (1990) à Oratorio d’un Verbivore (2021), ses récits interrogent les tensions entre foi et raison, tradition et modernité, individu et société.
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Un théâtre de mémoire et de combat
Homme de scène aussi, Marouba Fall s’illustre par une dramaturgie ancrée dans la mémoire africaine et les défis contemporains. Chaka ou le roi visionnaire (1984), Adja, militante du G.R.A.S. (1985) ou encore Aliin Sitooye Diatta ou la Dame de Kabrus (1996) témoignent d’un théâtre où le politique épouse le poétique. Pour lui, la scène est un espace de conscientisation collective, de dialogue entre le mythe et le réel.
Ses personnages, loin des archétypes lisses, sont traversés par le doute, l’ambivalence, la complexité. Adja, par exemple, n’est pas seulement une militante, mais une figure travaillée par les contradictions de son époque.
Une poésie tellurique
Poète à l’écoute du monde, Marouba Fall dialogue avec les éléments, la mémoire et les disparus. Sa poésie, de Cri d’un assoiffé de soleil (1984) à Grappe poétique (2019), fait résonner une voix intérieure, à la fois sensorielle et métaphysique. Dans Dernière aube d’un poète, il écrit : « Dans les marges de la nuit, je cherche une syntaxe à la hauteur des absents. » Une ligne claire : l’écriture comme veille.
Entre transmission et indépendance
Fondateur de Ruba Éditions et infatigable promoteur de la lecture dans les périphéries, Marouba Fall lie intimement l’écriture à l’acte de transmettre. Son engagement pédagogique transparaît aussi dans ses essais, comme la trilogie Lis tes ratures ou L’écriture dramatique. À travers eux, il balise un territoire critique africain longtemps négligé.
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La banlieue dakaroise, cadre de plusieurs de ses textes, n’est pas qu’un décor : elle devient une métaphore des marges sociales, une matrice d’inspiration et de résistance. Dans La Collégienne, le milieu scolaire devient un théâtre des tensions sociales et des aspirations contrariées de la jeunesse.
Une œuvre de rigueur
Marouba Fall défend une conception exigeante de la littérature, qu’il voit comme espace d’indépendance et de responsabilité. Il dénonce les connivences intellectuelles et prône une rigueur morale et stylistique. Plus qu’un écrivain africain, il se veut un écrivain de la rigueur, au service d’une parole habitée et transformatrice.
Par imam chroniqueur Babacar Diop













