Master dans les universités publiques : seulement 20 % des étudiants obtiennent leur diplôme en moyenne

Votre Pub ici !

Partager cet article
Master dans les universités publiques : seulement 20 % des étudiants obtiennent leur diplôme en moyenne

Seul un étudiant sur cinq inscrit en Master dans les universités publiques sénégalaises réussit à décrocher son diplôme dans un délai moyen de deux ans. C’est ce que révèle une étude commandée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et réalisée par l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Anaq-Sup). L’objectif était d’évaluer l’efficacité interne du cycle Master dans les universités publiques sur la période 2014-2021.

« Ces résultats suscitent une réelle inquiétude », a confié le Pr Daouda Ngom, ministre de l’Enseignement supérieur, lors de la présentation du pré-rapport, hier à Dakar. L’étude montre qu’en moyenne, le taux de diplomation se situe à 23,42 %, avec des écarts importants selon les universités : de 11,24 % à l’Université Numérique à 37,77 % à l’Université Assane Seck.

À lire aussi : Marché des transferts 2026 : Les stars européennes et un talent sénégalais à suivre

L’enquête souligne également que les coûts unitaires de formation sont élevés et variables selon le type de Master et l’établissement. Le ministre Pr Ngom estime que ces chiffres constituent un signal d’alarme au regard des investissements publics. « Nous devons changer de paradigme et réformer en profondeur notre système d’enseignement supérieur si nous voulons obtenir des résultats probants », a-t-il déclaré.

Le ministre pointe également la responsabilité des universités dans cette situation. À l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), par exemple, sur 780 étudiants inscrits en Master Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), seuls 200 se sont présentés à l’examen final. « L’État investit près de 2 milliards de FCFA pour les subventions des mémoires, alors que seulement 20 % des étudiants obtiennent leur diplôme. C’est inacceptable », a déploré le ministre.

La durée des Masters est également pointée comme un facteur limitant, souvent supérieure aux deux ans réglementaires. Pr Ngom insiste sur la nécessité de renforcer la qualité et la soutenabilité des offres de formation afin que les Masters contribuent véritablement au développement du capital humain national.

À lire aussi : Kafountine : Réseau de falsification de documents d’identité démantelé

Pour améliorer la situation, il propose une approche holistique et collective visant à identifier les facteurs limitants et à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour assurer la viabilité et l’efficacité des investissements de l’État. Il appelle en outre les organes de gouvernance universitaire à mieux réguler les Masters, à suivre les critères de sélection et à accompagner les étudiants tout au long de leur parcours.

Enfin, le ministre souhaite que l’étude soit prolongée jusqu’en 2025, en intégrant les impacts de la Covid-19 ainsi que les crises politiques de 2021 et 2023, afin d’obtenir une photographie plus complète de la situation.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci