Mbolo Birane en apnée scolaire : quand l’école cherche ses enseignants comme on cherche l’eau en saison sèche

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Mbolo Birane en apnée scolaire : quand l’école cherche ses enseignants comme on cherche l’eau en saison sèche

Le lycée de Mbolo Birane, niché dans le département de Podor, traverse une zone de turbulence éducative qui ressemble à une poussière d’harmattan venue secouer les pupitres. Onze enseignants, piliers de matières essentielles, ont quitté l’établissement, laissant derrière eux une salle des professeurs presque vide et des élèves suspendus entre inquiétude et espoir.

Selon Sud Quotidien, la première vague est venue du mouvement national, emportant six professeurs dans des disciplines aussi vitales que la langue française, les SVT, les mathématiques, l’EPS et les lettres-histoire-géographie. Le mouvement régional a ensuite donné un second coup de vent, déplaçant deux autres enseignants, l’un en arabe, l’autre en mathématiques/physique-chimie.

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Mais c’est la dernière série de décisions administratives qui a véritablement assombri l’horizon. Le ministère de l’Éducation a retiré le seul professeur d’anglais du lycée. L’inspection d’académie, quant à elle, a affecté l’unique professeur de philosophie à Rosso Sénégal. Ce double départ a laissé les élèves comme des lecteurs devant une bibliothèque verrouillée.

Dans cette atmosphère tendue, la voix de Youssouf Thiello, professeur et fils du terroir, résonne comme un tambour d’alerte :
« Qu’ont de plus les élèves des villes que les enfants du monde rural que nous sommes ? Ne méritons-nous pas, nous aussi, une éducation de qualité et des enseignants dans toutes les disciplines ? »

Un cri à la fois simple et cinglant, qui rappelle que la géographie ne devrait pas être une barrière à l’égalité des chances.

Pour compenser les onze départs, cinq nouvelles affectations ont été attribuées, couvrant les postes en mathématiques, arabe, français, espagnol et lettres-histoire-géographie. Un patch sur une brèche, mais loin de refermer la plaie. Le lycée reste sans enseignants en philosophie et en EPS, et manque cruellement de personnel en anglais, SVT, physique-chimie et même dans certaines filières des sciences humaines.

Cette pénurie n’a rien d’abstrait : elle menace concrètement la réussite des élèves, déjà confrontés aux défis de l’école rurale. Chaque discipline orpheline devient une porte fermée, un avenir amputé, une chance qui s’effrite.

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En filigrane, c’est toute la question de l’équité territoriale dans l’éducation sénégalaise qui remonte à la surface, comme une vérité qu’on voulait enfouir. Une école ne devrait jamais dépendre de sa latitude pour offrir une formation complète.

À Mbolo Birane, l’attente demeure. Et le pays regarde, espérant que ce cri d’alarme ne se perde pas dans les vents du nord.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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