Menstrues et Ramadan : Quand le corps s’arrête, la foi continue
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Pendant le Ramadan, les femmes en période de menstrues sont dispensées de jeûne et de certaines prières. Cette pause, bien que permise par la religion, peut susciter des émotions variées : frustration, culpabilité, mais aussi soulagement.
Aïcha Diallo confie : « Je ressens surtout de la frustration : j’aurais aimé ne pas avoir mes règles pendant le Ramadan, pour ne pas manquer les dix dernières nuits. » Mariama Sow partage ce sentiment : « Je me sens mal à l’aise de ne pas jeûner, j’ai surtout l’impression de décevoir Allah. »
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Pour certaines, la pause a un côté apaisant. Fatou Ndiaye explique : « Quand mes règles sont douloureuses, je suis soulagée. Mais parfois, je me dis que j’aurais pu jeûner, même si je mange très peu. » Khady Fall, elle, note que l’acceptation vient avec le temps : « Les premiers jours sont difficiles, mais on finit par considérer cette période comme naturelle et faire la paix avec soi-même. »
Une retenue alimentaire adaptée
Même dispensées, certaines femmes continuent d’observer une forme de retenue alimentaire. Aïcha Diallo goûte à peine les plats préparés pour le « kheud » et se limite à boire un peu lorsque la chaleur est forte. Mariama Sow et Khady Fall restent discrètes en public, tandis que Fatou Ndiaye adapte sa pratique selon son entourage : entourée de proches, elle mange ouvertement, sinon elle se montre discrète.
La foi reste vivante
Même lorsqu’elles ne peuvent pas jeûner ou prier, les femmes peuvent rester spirituellement actives. Le Prophète ﷺ a enseigné : « Les femmes sont exemptées de la prière et du jeûne pendant leurs menstruations, mais elles peuvent multiplier les invocations, la lecture du Coran et les bonnes actions » (Sahih al-Bukhari, Livre 6, Hadith 301).
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Le Coran rappelle également l’importance de la patience et de l’intention :
« Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux avant vous, afin que vous soyez pieux » (Al-Baqara, 2:183).
« Et cherchez à obtenir la satisfaction d’Allah par ce que vous faites » (Al-Ma’ida, 5:35).
Comme le souligne l’imam Birame Pouye : « Même lorsqu’elles ne peuvent pas jeûner ou prier, les femmes peuvent rester spirituellement engagées, car l’intention et la pratique des actes licites comptent aux yeux d’Allah » (Fiqh al-Siyam, Cheikh Wahbah al-Zuhayli, p.182).
Ainsi, le Ramadan demeure une période de purification et de renforcement spirituel, où le corps peut se mettre en pause sans que la foi ne faiblisse. Les femmes apprennent à conjuguer naturellement les exigences physiologiques et leur engagement religieux, en maintenant un équilibre entre repos corporel et épanouissement spirituel.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop













