Michel Kuka Mboladinga, la mémoire debout des Léopards
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Si vous avez suivi un match de la RD Congo lors de cette CAN 2025 au Maroc, un visage a forcément retenu votre attention. Au cœur des tribunes agitées, parmi les chants, les cris et les vagues de supporters en liesse, une silhouette tranche radicalement avec l’agitation ambiante. Immobile. Droite. Presque solennelle.
Cet homme, c’est Michel Kuka Mboladinga.
Vêtu d’un costume impeccable aux couleurs de la RD Congo, lunettes carrées sur le nez, bras levé avec gravité, il adopte une posture immédiatement reconnaissable : celle de Patrice Lumumba. Une reproduction saisissante de la célèbre statue du père de l’indépendance congolaise, figure historique assassinée en 1961, mais toujours vivante dans la mémoire collective.
Une discipline qui force le respect
Ce qui frappe chez Michel Kuka, au-delà de son apparence, c’est sa rigueur. Pendant 90 minutes, il reste debout, sans un geste de trop, sans jubilation excessive, sans relâchement. Là où les supporters explosent de joie ou de frustration, lui oppose le silence, la retenue et la dignité.
Face aux caméras de Brut, il confiera être devenu une figure médiatique presque malgré lui. Mais sur les réseaux sociaux, le public ne s’y trompe pas : Michel Kuka est déjà une icône.
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Le « Lumumba des tribunes »
Dans les stades marocains, son surnom circule désormais : le “Lumumba des tribunes”. Il ne chante pas, ne danse pas, mais sa présence parle. Son soutien à la sélection congolaise se veut symbolique, presque cérémonial. Une manière singulière d’encourager les Léopards, en incarnant une histoire, une mémoire et une fierté nationale.
Les caméras officielles de la CAF l’ont bien compris. À chaque rencontre, elles le cherchent, le cadrent, l’installent comme un repère visuel dans la foule. Dans cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, Michel Kuka impose une signature personnelle, unique.
Un message qui dépasse le football
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Pourquoi ce choix de posture ? Pour le symbole, tout simplement. En plein stade, Michel Kuka rappelle que le Congo ne se résume pas à un score ou à une compétition sportive. Il est aussi une histoire marquée par la lutte, la dignité et la résilience.
Sans discours, sans slogan, il incarne une mémoire collective que beaucoup portent en eux. Son bras levé, tel un serment silencieux, devient un message : être supporter, ce n’est pas seulement applaudir des buts, c’est aussi représenter l’âme d’un peuple.
À mesure que le tournoi avance, sa popularité rivalise avec celle des stars présentes sur la pelouse. Michel Kuka Mboladinga est devenu bien plus qu’un supporter : il est une image forte, une force tranquille, un rappel vivant que, même dans l’euphorie du football, certains choisissent de rester debout pour honorer l’histoire.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













