Minnesota sous tension : Washington déploie des renforts fédéraux après la mort d’une civile lors d’une opération de l’ICE
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La crise s’intensifie au Minnesota après la mort de Renee Nicole Macklin Good, une civile abattue mercredi dernier par un agent de la police fédérale de l’immigration (ICE). En réponse à ce drame, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé le déploiement massif de nouveaux agents fédéraux, une décision qui exacerbe les tensions entre l’administration fédérale et les autorités locales.
Dimanche, sur la chaîne Fox News, Kristi Noem a confirmé l’envoi imminent de plusieurs centaines d’agents supplémentaires de l’ICE et de la Border Patrol. Selon elle, cette mesure vise à assurer la protection des fonctionnaires fédéraux et à mettre fin à ce qu’elle décrit comme des « abus de pouvoir » de la part des responsables politiques du Minnesota. Ces renforts viennent s’ajouter aux près de 2 000 agents fédéraux déjà déployés dans l’État plus tôt dans la semaine.
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Parallèlement, la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a dépêché des équipes fédérales afin d’enquêter sur de présumés faits de fraude, renforçant ainsi l’emprise de Washington sur la gestion de la crise.
Une enquête désormais sous contrôle fédéral
Le bras de fer institutionnel s’est cristallisé autour de l’enquête sur la mort de la jeune femme à Minneapolis. Le Bureau d’appréhension criminelle du Minnesota (BCA) a annoncé avoir été contraint de se retirer du dossier, le procureur fédéral ayant confié l’exclusivité des investigations au FBI. Cette décision prive de facto les enquêteurs locaux de l’accès aux éléments de preuve, alimentant les accusations de mise à l’écart des autorités de l’État.
Kristi Noem a vivement critiqué le gouverneur Tim Walz et le maire de Minneapolis, Jacob Frey, les accusant de politiser l’affaire. Elle a également affirmé que certains manifestants opposés à l’ICE auraient bénéficié d’une formation spécifique pour affronter les forces de l’ordre, une déclaration qui a suscité de vives réactions.
Une riposte politique nationale
La réponse des responsables démocrates ne s’est pas fait attendre. Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a dénoncé une « tragédie » et a appelé à la démission, voire à la destitution de Kristi Noem, l’accusant de bafouer l’État de droit. Dans le même esprit, la représentante Robin Kelly a annoncé son intention d’engager une procédure d’impeachment contre la secrétaire à la Sécurité intérieure.
À l’inverse, Tom Homan, responsable des questions frontalières à la Maison Blanche, a défendu l’agent de l’ICE impliqué dans la fusillade, estimant que celui-ci avait agi dans le strict respect de la loi fédérale face à une menace imminente.
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Des manifestations à l’échelle nationale
Sur le terrain, la contestation ne faiblit pas. Des rassemblements ont été signalés dans plusieurs villes américaines, notamment à Orlando, Pittsburgh et Lexington. Les manifestants dénoncent les méthodes de l’ICE et réclament justice pour la victime, faisant de cette affaire un nouveau symbole du débat explosif autour des politiques migratoires et du recours à la force par les agences fédérales.
Alors que le Minnesota reste sous haute tension, cette crise révèle une fracture profonde entre Washington et plusieurs États, sur fond de sécurité, de droits civiques et de rivalités politiques à l’approche d’échéances électorales majeures.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













