Mme OBIM Ama Kafui, élue locale à Wawa 2 : “Nous avons semé des graines, il faut maintenant les faire germer”.
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Figure emblématique de l’engagement féminin dans la gouvernance locale, Mme OBIM Ama Kafui, Adjointe au Maire de la commune de Wawa 2 et vice-présidente régionale du REFELA-TOGO, incarne la ténacité et la vision au service de sa communauté. Première et seule femme de l’exécutif communal, elle a su, malgré les défis, faire entendre sa voix et poser des actes concrets en faveur de l’autonomisation des femmes et des jeunes. À quelques mois des prochaines élections municipales, elle dresse pour votre rédaction un bilan sans détour de son mandat et partage ses ambitions pour l’avenir.
Journaliste : Mme OBIM, quel regard portez-vous sur ces années passées à la tête de la commune en tant qu’élue locale ?
Mme OBIM : En toute honnêteté, je suis fière du chemin parcouru. En tant que seule femme dans l’exécutif communal, j’ai œuvré avec détermination à instaurer une collaboration franche et productive avec les autres conseillers, les autorités locales et la population. Malgré les débuts marqués par l’inexpérience collective et les séquelles de la pandémie de COVID-19, nous avons su poser les bases d’un développement cohérent. Les retours de la population témoignent d’une satisfaction réelle face à nos actions.
Quelles ont été vos priorités d’action durant ce mandat ?
La sensibilisation a été l’un de mes combats prioritaires. J’ai parcouru les zones reculées de la commune pour informer sur la décentralisation, promouvoir la lutte contre les violences basées sur le genre et encourager l’implication des femmes. Avec le soutien d’ANTENNA France, nous avons mené un projet d’alimentation saine en milieu rural qui a touché plus de 60 femmes. Nous avons aussi travaillé dans les établissements scolaires pour lutter contre les grossesses précoces, avec des résultats probants sur la réussite des jeunes filles.
Votre mandat a également été marqué par votre engagement dans le REFELA-TOGO. Qu’en est-il ?
C’est un levier essentiel. En tant que vice-présidente pour la région des Plateaux, j’ai participé à des échanges de coopération décentralisée, notamment en France (2022 et 2023) et au Burkina Faso. Ces expériences m’ont permis de promouvoir les potentialités touristiques de Wawa 2, comme nos cascades, et d’ouvrir notre commune à de nouvelles perspectives de partenariat. À mon retour, des séances de restitution ont permis de partager les acquis avec les parties prenantes locales.
Quels obstacles majeurs avez-vous rencontrés ?
L’un des plus grands défis a été la recherche d’une cohésion au sein du conseil municipal. Le début a été marqué par des tensions liées à l’interprétation des textes sur la décentralisation. Mais grâce au dialogue et à la pédagogie, nous avons dépassé ces blocages. L’autre obstacle, majeur, demeure l’insuffisance des ressources financières. Heureusement, le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT) et l’engagement personnel du Maire ont permis de faire avancer plusieurs projets.
Comment évaluez-vous aujourd’hui la place des jeunes et des femmes dans la gouvernance locale ?
Leur rôle est capital. Nous avons intégré les femmes dans les commissions communales et sensibilisé les jeunes à leur rôle citoyen. Mais les défis restent nombreux. Il faut encore renforcer leur participation active, notamment en matière de leadership. C’est un chantier à poursuivre avec vigueur.
Vous évoquez souvent les prochaines élections. Que souhaitez-vous pour l’avenir ?
Je souhaite être réélue pour poursuivre les projets entamés. Mon ambition est de nouer davantage de partenariats, notamment pour le financement des projets en faveur des femmes et des jeunes filles. Il reste tant à faire pour améliorer les conditions de vie dans notre commune. Nous avons semé des graines. Il faut maintenant les faire germer.
Un mot pour conclure, à l’attention des femmes ?
Oui. J’invite mes sœurs à sortir de l’ombre. Trop souvent, les femmes hésitent à s’engager par peur ou par manque de confiance. Je suis la preuve que c’est possible. Il faut briser les chaînes de la peur et croire en ses capacités. L’avenir de nos communautés a besoin du courage, de l’intelligence et de l’audace des femmes. La politique ne doit plus être un territoire interdit. Il est temps que les femmes s’y affirment pleinement.
Avec calme, conviction et vision, Mme OBIM Ama Kafui incarne une nouvelle génération de femmes leaders qui croient en un développement inclusif. Son engagement n’est pas un aboutissement, mais un appel : que d’autres femmes se lèvent, prennent leur place et écrivent à leur tour l’histoire de nos communes.
Interview réalisée par Jean-Marc Ashraf EDRON













