Municipales 2025 : Quand les urnes enterrent les illusions

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Municipales 2025 : Quand les urnes enterrent les illusions

La messe est dite. Après les municipales du 17 juillet 2025, une chose devient certaine : la classe politique togolaise ne pourra plus, sans contradiction, se présenter comme la voix légitime de la contestation contre la 5ᵉ République. En allant massivement aux élections locales organisées dans le cadre d’un régime qu’elle dénonce depuis des années, l’opposition a, de fait, légitimé un système qu’elle n’a jamais réussi à transformer.

La fin d’un cycle d’illusions

Le peuple togolais, lui, regarde avec lucidité. Il sait désormais que le changement ne viendra pas des politiciens professionnels. Non pas par fatalisme, mais par observation. Car cela fait plus de deux décennies que les mêmes promesses sont recyclées, que les mêmes visages occupent l’espace politique, que les mêmes dialogues restent sans suite.

Et pendant ce temps, les réalités quotidiennes n’évoluent pas : pauvreté endémique, chômage des jeunes, systèmes de santé et d’éducation précaires, libertés étouffées. L’illusion démocratique fonctionne à plein régime, alimentée par un calendrier électoral régulier… mais sans impact réel sur la gouvernance ou la vie des citoyens.

Les jeunes doivent inventer autre chose

Face à cela, il faut le dire avec force : les élections, dans le contexte politique actuel du Togo, ne régleront aucun problème structurel. Elles servent davantage à maintenir une façade de normalité institutionnelle qu’à initier une transformation sociale ou politique.

C’est pourquoi la jeunesse togolaise ne peut plus se contenter de suivre les stratégies usées d’une opposition sans stratégie. Elle ne peut plus croire que le changement viendra du sommet ou des urnes, quand ces urnes sont scellées avant même d’être ouvertes.

Il est temps pour elle d’inventer d’autres formes d’engagement, d’autres langages de résistance, d’autres outils de transformation. Cela passe par la culture, l’entrepreneuriat social, l’éducation politique à la base, les médias citoyens, l’action communautaire… bref, par la reconquête du réel.

Une génération à réveiller, pas à recycler

Le Togo n’a pas besoin de nouveaux candidats. Il a besoin de nouveaux cadres mentaux. D’une génération qui refuse l’alternative mortifère entre dictature et impuissance, et qui choisit de bâtir des alternatives enracinées, courageuses et solidaires.

Non, les élections ne suffisent pas. Non, la classe politique ne sauvera pas ce pays. Mais oui, une jeunesse consciente, organisée et déterminée peut redonner vie à l’espérance togolaise.


✍️ Tossoukpe Frédéric Herman
Écrivain – Analyste politique
Pour Dunia News

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