Mutilations génitales féminines : la CNDH sonne l’alerte sur la fiabilité des données au Sénégal

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Mutilations génitales féminines : la CNDH sonne l’alerte sur la fiabilité des données au Sénégal

✍️ Pour Dunia News – 30 juillet 2025

Quand les chiffres mentent, les corps continuent de saigner en silence.

Malgré l’interdiction légale des mutilations génitales féminines (MGF) au Sénégal, la pratique persiste dans l’ombre, exposant des milliers de filles à des violations graves de leurs droits fondamentaux. Et aujourd’hui, un autre fléau s’ajoute au drame : l’absence de données fiables pour évaluer et enrayer le phénomène.

📊 Des chiffres flous, un fléau réel

C’est le cri d’alarme lancé par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) lors d’un atelier de trois jours consacré à la santé de la reproduction. Objectif : renforcer les capacités de collecte, d’analyse et de diffusion de données sur les MGF pour une action publique plus ciblée.

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« Les données actuelles sont fragmentaires et souvent incomplètes. Elles ne permettent pas d’avoir une vision claire de l’ampleur réelle du fléau », alerte Amsatou Sow Sidibé, juriste et présidente de la CNDH.

Elle parle de « chiffres noirs », ces statistiques silencieuses qu’aucun registre n’enregistre, mais que les corps portent.

📍 Des taux alarmants… et probablement sous-estimés

Les dernières estimations indiquent qu’environ 25 % des femmes sénégalaises âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations. Mais la région de Kédougou atteint un taux vertigineux de 90 %.

Pourtant, selon la CNDH, ces chiffres sont probablement bien en deçà de la réalité, en raison de l’absence de recensement précis, du silence des victimes, et des résistances culturelles persistantes.

🚨 Une urgence sanitaire et éthique

« Les MGF constituent une violation grave des droits humains fondamentaux. Elles vont à l’encontre du droit à la santé, à l’intégrité physique, et même au droit à la vie, lorsqu’elles entraînent des complications mortelles », rappelle Amsatou Sow Sidibé.

Les conséquences médicales et psychologiques sont lourdes : douleurs chroniques, infections, troubles de la sexualité, accouchements à risques, traumatismes profonds.

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Et selon les chiffres mondiaux, les MGF coûtent 1,4 milliard de dollars par an aux systèmes de santé. Un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2050, si les tendances actuelles ne sont pas inversées.

🎯 Des données fiables pour mieux protéger

Présente à l’atelier, Fanta Sow Ndiaye, représentante de l’ONU Femmes, insiste :

« L’impunité demeure. Sans données fiables, il devient difficile de cibler efficacement les actions de prévention. Il faut des chiffres pour agir, et des preuves pour juger. »

🤝 Une action concertée exigée

La CNDH appelle à une mobilisation nationale, articulée autour de plusieurs piliers :

✔️ Sensibilisation des communautés et déconstruction des tabous culturels

✔️ Renforcement des mécanismes de protection pour les filles à risque

✔️ Application stricte de la loi contre les auteurs et complices

✔️ Production et diffusion de données fiables, désagrégées par région, âge, et origine ethnique

Car le droit à l’intégrité corporelle n’est pas négociable. Et le silence, qu’il soit culturel, statistique ou institutionnel, ne protège pas. Il tue.


🗣 Pour aller plus loin

📌 Le combat contre les mutilations génitales féminines ne se gagne pas dans les lois, mais dans les villages, les foyers, les esprits.

🔍 La CNDH invite les médias, les ONG, les chercheurs et les institutions à former une coalition de veille, de dénonciation et d’action pour que plus aucune fille ne soit mutilée par ignorance, par coutume ou par inaction.

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📧 Rejoignez notre cellule de veille #DuniaContreLesMGF :
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