Ndeye Coumba Coulibaly, alias « Madre Peace » : Une étoile du théâtre sénégalais
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Actrice de talent et figure emblématique du théâtre sénégalais, Ndeye Coumba Coulibaly, plus connue sous le nom de « Madre Peace », a su imposer sa présence sur scène grâce à son authenticité et sa passion pour l’art dramatique. De ses débuts dans une petite troupe de quartier à la reconnaissance nationale avec la série culte « Wiri Wiri », elle s’affirme comme une référence dans le paysage artistique sénégalais.
Des débuts par hasard, mais déterminants
Originaire du quartier Some à Thiès, Ndèye Coumba Coulibaly a grandi dans une famille modeste. Mariée et mère de trois enfants, elle a d’abord travaillé comme secrétaire dactylographe à l’École polytechnique avant que sa vocation artistique ne prenne le dessus. « Un jour, en rentrant de l’école, j’ai aperçu une troupe en répétition. Curieuse, j’ai escaladé un mur pour assister à la séance. Lorsqu’ils ont demandé un enfant pour un rôle, j’ai levé la main et participé », raconte-t-elle.
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Son talent a immédiatement séduit la troupe. Bien que punie par ses parents pour avoir rentré tard, cet épisode a marqué le début de sa carrière artistique. Avec l’autorisation familiale, elle intègre la troupe Renaissance de Some, puis poursuit son parcours théâtral au collège, conciliant études et passion grâce au soutien de son oncle, principal de l’établissement.
Soleil Levant : un nid de solidarité et de discipline
Après un mariage et une courte pause, Ndèye Coumba relance sa carrière avec la troupe « Soleil Levant », fondée dans sa maison familiale par sa sœur, députée Aïssatou Coulibaly, et son mari. La troupe, rapidement entourée de talents comme Sanekh, Cheikh Ndiaye dit Jojo, Aziz Niane et Alioune Aidara, devient pour elle une véritable « maison mère ».
« Nous répétions presque tous les jours, de 16h à 21h. Ces longues heures créent une complicité solide qui se reflète sur scène », souligne l’artiste. Grâce à Soleil Levant, elle participe à des pièces abordant des thèmes sociaux sensibles tels que la polygamie, le divorce ou la jeunesse en difficulté.
La consécration avec « Wiri Wiri »
Le tournant de sa carrière survient avec la série « Wiri Wiri » (2015-2019), composée de 250 épisodes qui l’installent sur le devant de la scène nationale et africaine. Cette expérience lui permet de multiplier les personnages et d’affiner son art, tout en marquant des moments forts comme la finale scolaire au Théâtre de Verdure de Thiès ou le spectacle « Wallu wa Allakhira » au Grand Théâtre.
Une artiste inspirée et engagée
Si elle aime se glisser dans des rôles variés, certains la bouleversent profondément. Dans « Tolof Tolof », interpréter une femme cruelle lui a arraché des larmes pendant les répétitions, témoignant de son immersion totale dans ses personnages. Ses influences incluent la troupe Daaray Kocc, Ken Bugul et Dié Astou Diop, mais aussi les compagnons de Soleil Levant comme Sanekh, Jojo et Aziz Niane.
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Elle collabore également avec des médias et productions telles que Leuz Media (Kor Bideew), Diaral Nama, ou encore Marodi TV, sur des séries comme Emprise, Promesse, Belle Famille et Keyza.
L’avenir : transmission et reconnaissance
Très attachée à son image professionnelle, elle prépare toujours costumes et accessoires avant chaque prestation et lit ses scénarios en avance pour comprendre l’esprit du rôle. Pour elle, le théâtre est un outil d’éducation et de sensibilisation. Elle plaide pour le retour du théâtre scolaire et un meilleur statut pour les artistes, ainsi qu’une protection sociale pour tous les acteurs culturels.
Dans ses projets, Madre Peace rêve de travailler sur des longs métrages, de collaborer avec de grandes compagnies cinématographiques et de créer un centre de formation pour jeunes acteurs, incluant ateliers et masterclass. À la nouvelle génération, elle recommande discipline, passion et sérieux, loin des illusions de gloire facile.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













