NÉCROLOGIE | INTER MILAN EN DEUIL

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Ernesto Pellegrini, l’homme qui a élevé l’Inter, tire sa révérence à l’aube d’une finale historique

NÉCROLOGIE | INTER MILAN EN DEUIL

Il est parti alors que son club s’apprête à jouer les sommets. À quelques heures du coup d’envoi de la finale de la Ligue des champions entre l’Inter Milan et le Paris Saint-Germain, une onde de choc a traversé le monde du football : Ernesto Pellegrini, ancien président emblématique des Nerazzurri, s’est éteint à l’âge de 84 ans.

Il ne verra pas son Inter disputer ce soir une finale qui aurait sans doute comblé son cœur de tifoso et de bâtisseur. Mais au fond, si l’Inter est là aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il y a eu Pellegrini.

Né à Milan en 1940 dans une famille modeste, Ernesto Pellegrini commence comme simple comptable. En 1965, il fonde Pellegrini S.p.A., une entreprise de restauration collective, avant de gravir les échelons du monde économique italien. Mais son cœur, lui, reste irrémédiablement attaché au ballon rond.

En 1984, il rachète l’Inter Milan à Ivanoe Fraizzoli et devient président du club. Il y restera onze ans. Onze années de passion, d’ambition et de victoires. Sous sa présidence, l’Inter ne se contente pas de jouer, elle triomphe.

🟩 Champion d’Italie en 1989 avec un record de points.
🟦 Vainqueur de la Supercoupe d’Italie.
🟨 Double vainqueur de la Coupe UEFA (1991 et 1994).

Et surtout, il attire à Milan des géants du foot mondial : Lothar Matthäus, Klinsmann, Brehme, autant de noms gravés dans les mémoires.

Mais Pellegrini n’était pas seulement un dirigeant sportif. C’était un homme profondément humain. En 2014, bien après avoir quitté les terrains, il fonde un restaurant solidaire à Milan, baptisé Ruben, en hommage à un ami. Le principe ? Offrir un repas chaud à un euro aux plus précaires. À Milan, ce geste est resté dans les cœurs.

Cette solidarité, il la portait aussi dans sa vision du football : un sport pour rassembler, pas pour diviser. Et même dans l’univers impitoyable des clubs, Pellegrini restait respecté, aimé, presque paternel.

Le destin est parfois cruel. Que Pellegrini quitte ce monde le jour d’une finale de Ligue des champions que son Inter espère décrocher, cela relève presque du symbole. Un passage de témoin invisible entre les bâtisseurs d’hier et les héros d’aujourd’hui.

En hommage, les joueurs de l’Inter porteront ce soir un brassard noir. Gageons que le club, à travers ses gestes et peut-être son jeu, honorera cet homme qui a tant donné.

Le parcours d’Ernesto Pellegrini laisse une question en suspens : et nous, en Afrique ?

Quand verrons-nous émerger des dirigeants sportifs qui combinent vision économique, respect de l’humain, et ambition pour leurs clubs ? Combien de présidents de clubs africains ont cette stature de bâtisseurs, capables de rêver loin, mais aussi de nourrir ceux qui ont faim ?

Pellegrini nous rappelle que le football, ce n’est pas seulement des millions et des trophées. C’est une école de valeurs, un théâtre d’engagement social, un espace où l’on peut, aussi, réparer un peu de ce monde.

Ernesto Pellegrini n’est plus. Mais le club qu’il a façonné, les valeurs qu’il a portées, et les vies qu’il a touchées resteront. Dans les tribunes du San Siro et les rues de Milan, on murmurera longtemps encore son nom.

Ce soir, s’il y a une étoile au-dessus du stade, c’est peut-être la sienne.

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