Nigeria : La raffinerie Dangote, un tournant historique pour l’industrie pétrolière africainePar la rédaction de Dunia News – Lagos, avril 2025
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Le 22 janvier 2024 marque une date clé dans l’histoire industrielle du Nigeria et, plus largement, de l’Afrique. C’est à cette période qu’a débuté l’exploitation de la raffinerie de pétrole et de produits pétrochimiques du groupe Dangote, située dans la zone économique spéciale d’Ibeju-Lekki, à Lagos. Cet ouvrage titanesque, fruit d’une vision ambitieuse de l’industriel Aliko Dangote, incarne la volonté de transformer structurellement les économies africaines, trop longtemps dépendantes des exportations brutes de ressources naturelles.
Une raffinerie d’envergure mondiale
Avec une capacité de traitement de 650 000 barils de pétrole brut par jour, la raffinerie Dangote est aujourd’hui la plus grande au monde à train unique. Elle surpasse largement toutes les autres raffineries africaines, à la fois par sa capacité et son niveau d’intégration technologique. L’installation comprend également une usine de polypropylène capable de produire 900 000 tonnes par an, destinée à alimenter les industries chimiques et plastiques du continent.
Occupant une superficie de 6 425 acres – soit l’équivalent de 4 000 terrains de football – la raffinerie comprend 177 réservoirs pour un volume de stockage total de 4,742 milliards de litres. Elle dispose en outre de sa propre centrale électrique de 435 mégawatts, ce qui lui garantit une autonomie énergétique essentielle à son bon fonctionnement.
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Un projet stratégique pour le Nigeria
L’objectif affiché par le groupe Dangote est clair : réduire drastiquement la dépendance du Nigeria aux importations de produits pétroliers raffinés, qui grèvent la balance commerciale du pays depuis des décennies. À pleine capacité, la raffinerie pourrait non seulement satisfaire l’intégralité des besoins internes en essence, diesel, kérosène et autres produits raffinés, mais également alimenter les marchés ouest-africains et au-delà.
Selon les projections officielles, le complexe de Dangote pourrait générer jusqu’à 21 milliards de dollars de bénéfices nets par an pour l’économie nigériane. Cela représenterait un apport considérable en devises étrangères, tout en créant des milliers d’emplois directs et indirects.
Un symbole de souveraineté industrielle
La mise en service de cette raffinerie représente bien plus qu’un exploit technique. Elle constitue un symbole fort pour le continent africain, souvent perçu comme un simple fournisseur de matières premières. Grâce à cette infrastructure, le Nigeria – première économie africaine – affirme son ambition de transformation industrielle et de montée en valeur ajoutée.
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Pour Aliko Dangote, fondateur du conglomérat éponyme, ce projet est aussi une démonstration de ce que peut réaliser le secteur privé africain lorsqu’il est soutenu par une vision à long terme et des investissements stratégiques. « Nous avons toujours cru que l’Afrique pouvait faire mieux que simplement exporter du pétrole brut. Il est temps de raffiner sur place, de transformer, de créer de la richesse ici », a-t-il déclaré lors de l’inauguration.
Un défi logistique et politique
Toutefois, le chemin vers une exploitation optimale n’est pas exempt de défis. Des questions subsistent quant à l’approvisionnement régulier en brut, la régulation des prix du carburant, ainsi que l’intégration logistique avec les réseaux de distribution existants. Le gouvernement nigérian, partenaire indirect du projet, devra veiller à ce que les bénéfices attendus soient équitablement redistribués et que cette infrastructure serve de levier pour d’autres projets industriels nationaux.
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Vers une nouvelle ère énergétique en Afrique ?
En définitive, la raffinerie Dangote pourrait bien ouvrir une nouvelle ère pour l’Afrique : celle d’un continent qui ne se contente plus de produire, mais qui transforme, valorise et exporte des produits finis. À condition, bien sûr, que les politiques publiques, les investisseurs et les citoyens africains soient collectivement engagés sur la voie de la souveraineté économique.
DUNIA News continuera de suivre de près l’évolution de cette infrastructure emblématique.













