Nigeria – Un pasteur accusé de viol après une prophétie : un test ADN relance l’affaire
Votre Pub ici !

Benin City, 17 juillet 2025 – Le pasteur Simeon Okehielem, 38 ans, fondateur du ministère religieux Synagogue Prayers Ministry (aussi appelé Ebube Wonders), a été placé en détention provisoire par la Haute Cour de l’État d’Edo. Il est accusé d’avoir drogué puis violé une fidèle mariée dans la communauté d’Uholor (Benin City) en 2022, acte qui aurait conduit à la naissance d’un enfant. Ce n’est qu’après des résultats d’analyse ADN récents que la procédure judiciaire a été relancée, confirmant la paternité du pasteur.
Les faits allégués remontent à février 2022, selon le procureur P.O. Odion. La victime, dont l’identité est tenue confidentielle, aurait été agressée sexuellement après avoir été droguée, puis réduite au silence. Le pasteur aurait profité de sa position d’autorité spirituelle pour abuser de la confiance de la victime.
La police, après de longs mois d’enquête, a repris le dossier suite à la confirmation ADN. Le pasteur a été réarrêté et formellement inculpé pour deux infractions : viol et administration d’une substance destinée à neutraliser la victime dans le but de commettre un crime. Ces actes sont punissables selon la Violence Against Persons (Prohibition) Law de 2021 (Sections 4 et 5.1) et la Section 256 du Criminal Law of Edo State de 2022.
Devant la Haute Cour, le juge A.N. Erhabor a ordonné que le prévenu soit placé en détention dans un centre correctionnel pour une période initiale de 14 jours, le temps de recevoir les recommandations du Directeur des poursuites publiques (DPP). Cette détention conservatoire vise à préserver l’intégrité du processus judiciaire pendant que le ministère public prépare ses charges définitives.
L’affaire ne s’arrête pas là. D’autres allégations circulent concernant des comportements similaires avec des femmes mariées au sein de la congrégation du pasteur. Pour l’heure, aucune inculpation supplémentaire n’a été déposée, mais ces soupçons renforcent les appels à une enquête élargie.
L’État d’Edo, comme plusieurs autres entités fédérées du Nigeria, a adopté la VAPP Law pour mieux encadrer et réprimer les violences sexuelles et basées sur le genre. Cette législation prévoit des peines sévères pour les infractions de viol, y compris lorsque l’auteur occupe une position d’autorité ou a recours à la contrainte chimique.
Le recours à des substances pour commettre un viol est également criminalisé. Selon les autorités, la victime aurait été droguée à son insu avant l’agression. Cette circonstance aggrave la gravité des charges portées contre le pasteur.
Dans une société où les abus commis dans les milieux religieux sont souvent tus ou étouffés, cette affaire résonne comme un appel à la vigilance. Le silence des institutions religieuses locales, pour l’instant, soulève des interrogations sur la responsabilité morale des communautés face à ce type d’affaire.
Des voix s’élèvent au sein de la société civile pour demander que justice soit rendue, que la victime soit protégée et accompagnée, et que les structures religieuses fassent l’objet d’un meilleur encadrement.
L’avocat de la plaignante, Barr. Clinton Ogbebor, a déclaré que les résultats ADN marquent un tournant dans ce dossier, mettant fin à des mois de silence. Il appelle la justice à faire preuve de rigueur et de transparence.
La prochaine étape dépend désormais du DPP, qui devra statuer sur la suite judiciaire à donner : poursuite formelle, requalification ou extension des charges.
Dunia News rappelle que toute personne accusée est présumée innocente tant qu’un jugement définitif ne l’a pas déclarée coupable. Par respect pour la victime, aucun nom ou détail permettant son identification ne sera publié.
Les violences sexuelles dans les milieux religieux restent un phénomène préoccupant au Nigeria. Les autorités doivent garantir que les victimes soient écoutées, protégées, et que les coupables présumés soient jugés dans un cadre impartial et sécurisé.
Dunia News poursuivra sa couverture de ce dossier et des autres cas liés aux abus spirituels, en lien avec la mise en œuvre de la VAPP Law à l’échelle fédérale.













