Nutrition mondiale : des experts s’alarment d’une clause « risquée » dans la future déclaration de l’ONU

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Nutrition mondiale : des experts s’alarment d’une clause « risquée » dans la future déclaration de l’ONU

Par imam chroniqueur Babacar Diop

Plus de 115 chercheurs issus d’Afrique, d’Europe et des Amériques ont tiré la sonnette d’alarme sur une disposition controversée du projet de déclaration des Nations Unies sur la prévention des maladies non transmissibles (MNT). Dans une lettre ouverte publiée cette semaine, ces experts dénoncent une mesure qu’ils jugent « scientifiquement infondée » et potentiellement dangereuse pour les populations les plus vulnérables.

Au cœur de la controverse : la volonté affichée par l’ONU d’éliminer tous les acides gras trans de l’alimentation mondiale, y compris ceux naturellement présents à faible dose dans des produits d’origine animale tels que le lait ou la viande. Selon les signataires, cette généralisation pourrait entraîner un recul nutritionnel dans les pays à faible revenu.

« Un simple verre de lait figure parmi les aliments les plus abordables et les plus riches en nutriments. Il a prouvé son efficacité contre le retard de croissance chez les enfants et la faim chronique », souligne Namukolo Covic, chercheuse à l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI).

Une distinction entre les acides gras

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Les experts appellent à une distinction rigoureuse entre les acides gras trans industriels – déjà largement reconnus comme nocifs pour la santé cardiovasculaire – et les acides gras trans naturels, présents dans les ruminants, et dont les effets sur la santé sont, selon eux, moins préoccupants.

Pour la professeure Ruth Oniang’o, nutritionniste de renommée mondiale et ancienne parlementaire kenyane :

« Il faut des politiques adaptées aux réalités des pays en développement, basées sur des preuves scientifiques et sur le principe de durabilité. »

La mesure, telle qu’elle est formulée, risquerait, selon les signataires, de stigmatiser des aliments essentiels dans l’alimentation des populations pauvres, en particulier dans les zones rurales ou à faible pouvoir d’achat.

Une décision imminente

La version finale de la déclaration des Nations Unies doit être adoptée lors de la prochaine Assemblée générale en septembre. D’ici là, les experts espèrent que leur plaidoyer incitera les responsables onusiens à revoir leur position afin d’éviter, selon eux, une mesure contre-productive pour la sécurité nutritionnelle mondiale.

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Contexte
Les acides gras trans industriels, utilisés dans de nombreuses margarines et produits transformés, sont associés à une hausse des maladies cardiovasculaires. L’OMS recommande leur élimination depuis 2018, mais la présente controverse soulève la question d’une approche globale trop uniforme au détriment des populations précaires.

Imam chroniqueur Babacar Diop
babacar19diop76@gmail.com

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