Octobre Rose au Sénégal : Prévenir, Accompagner et Restaurer la Dignité des Femmes

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Octobre Rose au Sénégal : Prévenir, Accompagner et Restaurer la Dignité des Femmes

Chaque année, le mois d’octobre revêt une couleur particulière au Sénégal : le rose. Symbole international de la lutte contre le cancer du sein, Octobre Rose dépasse le simple geste symbolique. Il invite l’ensemble de la société à repenser la santé, la solidarité et l’accompagnement des femmes face à la maladie.

Le cancer du sein n’est pas seulement une question médicale. Comme le souligne la sociologue Fatou Sow : « La santé des femmes ne peut se comprendre en dehors des normes de pudeur et des rapports sociaux de genre » (Sow, Santé et Société, 2022, p. 87). Ainsi, la prévention doit inclure une transformation culturelle, en déconstruisant les tabous et les représentations sociales qui enferment les femmes dans la peur et la honte.

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Au Sénégal, environ 1 800 nouveaux cas de cancer du sein sont enregistrés chaque année. La maladie reste la première cause de mortalité féminine par cancer, touchant un nombre croissant de femmes jeunes. « Chaque chiffre représente une histoire de courage, mais aussi de silence », rappelle Néné Jupiter Ndiaye, journaliste et sociologue.

Le rôle des campagnes d’Octobre Rose est fondamental. Elles ouvrent l’espace public à une parole collective sur le corps féminin, la maladie et la vie. Elles permettent à la femme malade de retrouver sa place dans la cité et à la société de reconnaître ses combats. Le professeur en oncologie Dr. Awa Diouf insiste : « La prévention et le dépistage sont des droits, mais ils ne peuvent être efficaces sans un accompagnement psychologique et social solide » (Diouf, Cancer et Société, 2023, p. 112).

En effet, le soutien psychosocial demeure un pilier souvent négligé. Le cancer du sein bouleverse l’identité, la famille et le couple. L’accompagnement moral et émotionnel constitue une véritable thérapie sociale : il restaure l’estime de soi, rompt l’isolement et préserve la dignité. Les associations comme la LISCA illustrent cette dynamique où solidarité et soin se rencontrent.

Sur le plan institutionnel, les initiatives du ministère de la Santé et de ses partenaires sont visibles à travers les campagnes de dépistage gratuit, l’ouverture de services de cancérologie et la subvention de mammographies. Cependant, des disparités persistent selon les régions, et beaucoup de femmes découvrent la maladie à un stade avancé faute d’accès à l’information et aux soins.

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Les médias jouent également un rôle déterminant. Ils ne se contentent pas de relayer l’information : ils participent à la socialisation et à l’éducation sanitaire collective. Par leurs récits, reportages et campagnes, ils transforment la perception du cancer du sein, passant du silence à la parole, de la peur à la résilience.

Pour Imam Babacar Diop, chroniqueur et observateur social : « Octobre Rose ne doit pas se limiter à un mois symbolique. Il doit devenir un projet social permanent où prévention, accompagnement et solidarité structurent notre rapport à la vie et à la dignité humaine ».

Prévenir, dépister, accompagner : trois notions simples en apparence, mais essentielles pour construire une société qui prend soin de ses femmes. En parler, c’est déjà résister à la peur. Agir, c’est construire une société plus juste, où la santé, la dignité et la solidarité deviennent des valeurs concrètes.

imam chroniqueur
Babacar Diop

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