ONU : le Ghana lance une offensive historique pour faire reconnaître la traite négrière comme crime suprême contre l’humanité

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ONU : le Ghana lance une offensive historique pour faire reconnaître la traite négrière comme crime suprême contre l’humanité

La diplomatie ghanéenne s’apprête à inscrire son nom dans l’histoire des luttes mémorielles et juridiques internationales. Dans les prochains jours, Accra déposera devant l’Assemblée générale des Nations Unies un projet de résolution ambitieux visant à requalifier officiellement la traite transatlantique des esclaves dans l’échelle universelle des crimes.

Au cœur de cette initiative : une revendication forte et sans équivoque. Le Ghana souhaite faire reconnaître la traite négrière comme « le crime le plus grave contre l’humanité », une qualification qui, si elle est adoptée, bouleverserait profondément les référentiels historiques, juridiques et moraux établis jusqu’ici.

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Portée par une volonté politique affirmée, cette démarche concrétise l’engagement pris en 2025 par le président John Dramani Mahama à la tribune des Nations Unies. Elle s’inscrit également dans le rôle stratégique du Ghana, désigné champion de l’Union africaine pour la question des réparations liées à l’esclavage.

L’initiative bénéficie déjà d’un soutien diplomatique significatif. La Communauté caribéenne (CARICOM), ainsi que plusieurs représentants des diasporas africaines, ont exprimé leur adhésion à ce projet. S’il venait à être adopté, ce texte deviendrait la première résolution globale consacrée à la traite transatlantique depuis la création des Nations Unies, il y a près de huit décennies.

Le calendrier n’a rien d’anodin. L’examen du texte est prévu le 25 mars 2026, en coïncidence avec la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Un choix hautement symbolique qui souligne la volonté de replacer cette tragédie au centre de la conscience universelle.

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Pour les autorités ghanéennes, l’enjeu dépasse largement le cadre mémoriel. Il s’agit d’un levier politique et moral pour aborder les fractures contemporaines héritées de l’esclavage : inégalités de développement, poids de la dette, vulnérabilités climatiques et marginalisation persistante de certaines populations. La résolution ambitionne ainsi de poser les bases d’une justice réparatrice concrète, fondée sur la reconnaissance, la responsabilité et l’action.

En prélude à cette échéance, une cérémonie de recueillement est prévue le 24 mars au cimetière africain de New York, suivie d’une réunion de haut niveau consacrée à la justice réparatrice au siège des Nations Unies. Le Ghana, soutenu notamment par l’UNESCO et la Commission de l’Union africaine, appelle l’ensemble des États membres à soutenir cette initiative historique.

Plus qu’un texte diplomatique, cette résolution pourrait marquer un tournant décisif : celui d’une reconnaissance universelle du passé, au service d’un futur plus juste.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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